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Isao Takahata au Festival international du film d'animation d'Annecy 2014 - Photo Wikimédia - Boungawa
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Isao Takahata : Animer la vie

Quelle tristesse d’apprendre ce matin la mort d’Isao Takahata, l’un des maîtres de l’animation japonaise qui permit, avec Hayao Miyazaki, le rayonnement du studio Ghibli depuis 1985. Si le nom de ce dernier a depuis longtemps traversé les frontières, on ne peut que regretter que Isao Takahata soit moins connu en Occident, tant ce réalisateur a contribué à la modernité du cinéma d’animation, à un gain de réalisme et une poésie toute cinématographique. Malheureusement, Le Conte de la princesse Kaguya (2013) sera bien l’œuvre-testament de Takahata. Quelle œuvre ! L’on ne peut qu’enjoindre à plonger à cœur perdu dans sa filmographie, empreinte d’une esthétique et d’une palette émotionnelle hors du commun.

Du réalisme combatif d’Horus, prince du soleil en 1968, qui dramatise la lutte d’un village contre un monstrueux envahisseur, à la finesse philosophique du Conte de la princesse Kaguya en 2013, simplement portée par le trait du dessin, la création de Takahata s’étend sur plus de quarante-cinq ans. Plusieurs de ses séries ont rehaussé la qualité du dessin animé télévisuel (Heidi, Lupin III ou Anne, la maison aux pignons verts) ; ses deux moyens métrages, Les Aventures de petit panda (1972) et Panda petit panda (1973), constituent la matrice de Mon Voisin Totoro (1988) de Hayao Miyazaki. Quant à ses huit longs métrages d’animation, ils reposent tous sur des problématiques extrêmement fortes 

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Nathalie Bittinger

Agrégée de lettres modernes et maître de conférences en études cinématographiques à l'université de Strasbourg, elle a publié 2046 de Wong Kar-wai (Armand Colin, 2007), Ang Lee. Taïwan - Hollywood, une odyssée cinématographique (Hémisphères, 2021), et dirigé Cinémas d'Asie. Nouveaux regards (Presses universitaires de Strasbourg, 2016) ainsi que Dictionnaire des cinémas chinois. Chine, Hong Kong,