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Un an après les émeutes

par

Esprit

A-t-on pris la mesure de ce qui s’est passé lors des émeutes de novembre dernier en France ? Au regard de l’abondance du traitement médiatique et de la gravité des mesures prises (état d’urgence) au moment où les violences se déroulaient, la récolte d’analyses empiriques et d’initiatives politiques apparaît, presque un an plus tard, particulièrement maigre. L’analyse des causes consiste le plus souvent en un discours général sur les « jeunes », les « banlieues » ou les « valeurs », comme le début de campagne présidentielle le montre bien. La responsabilité de l’État à travers ses diverses institutions – école, police, justice, préfectures... – est moins présente dans le débat, alors que c’est toujours vers lui qu’on se tourne pour pacifier les relations et réduire les inégalités territoriales.

Le traitement des difficultés sociales par l’intégration économique a donné lieu à l’épisode malheureux du contrat première embauche (Cpe) qui a mobilisé en premier lieu ceux à qui il n’était pas destiné (les étudiants, qui craignaient une déstabilisation générale des jeunes entrants sur le marché du travail), tout en amplifiant une inquiétude générale des lendemains, paren

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