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Une campagne française ou l'impossible rupture

par

Esprit

mars/avril 2007

Depuis le 11 février, jour de l’intervention de Ségolène Royal devant son Parti, la campagne présidentielle est entrée dans sa deuxième phase, celle qui se polarise sur les candidats prévisibles du second tour. Mais ce changement de cadence ne doit pas conduire à considérer comme nulle et non avenue la phase précédente, de mise en condition. À trop se polariser sur les deux principaux candidats, on oublie que les Français ont manifesté un intérêt renouvelé pour les affaires politiques. Ce dont témoignent les audiences rencontrées par les émissions politiques sur les chaînes de radio et de télévision. Le peu de confiance envers les médias va de pair avec une demande accrue d’information et de compréhension. Quelles en sont les raisons ? D’un côté, on assiste à la prise de conscience collective d’un tournant historique et générationnel (sortie de l’ère symbolisée par Chirac et Mitterrand/Jospin) caractérisé par trois phénomènes (nouveau cycle politique, nouvelle offre politique et nouvelles pratiques de la démocratie). De l’autre, les Français ont été secoués par des événements successifs qui exigent selon eux autant de réponses : une réponse au deuxième tour d’avril 2002 qui a renforcé la logique protestataire, voire l’enfermement dans la démocratie d’abstention, une réponse à la victoire du non au Traité co

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