Sinjar, Irak. Photo : Levi Meir Clancy via Unsplash
Dans le même numéro

Violence et santé mentale en Irak

Un regard exploratoire sur la situation post-2003

mars 2021

L’exposition prolongée aux atrocités des conflits successifs a rendu la population irakienne vulnérable à des pathologies psychosociales, notamment chez les femmes et les enfants qui ont subi le joug de l’État islamique. La reconstruction ne pourra pas se faire sans un renouveau du secteur de la santé mentale.

Selon le corpus de littérature scientifique représentant la somme de nos connaissances en matière de psychologie, il existerait une forte corrélation entre l’exposition à la violence et l’apparition des symptômes de troubles mentaux et de troubles du comportement1. Or, depuis 1980, l’Irak a été soumis en continu à une série de graves secousses, avec d’abord deux guerres successives, suivies des sanctions économiques décrétées par la communauté internationale dans les années 1990, puis, à partir de 2003, un cycle de violence civile et de terreur. Après l’occupation de la ville de Mossoul par l’État islamique le 9 juin 2014 et ses multiples répercussions, l’ensemble du système psychosocial a été profondément perturbé, quoique évidemment à des degrés divers, relatifs à certaines variables démographiques ou géographiques, ainsi qu’à la résistance des individus affectés et à leurs stratégies de survie.

Les répercussions de la violence sur le psychisme des individus peuvent parfois s’étaler sur plusieurs générations, même si des statistiques locales exhaustives et fi

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Faris Kamal Nazmi

Faris Kamal Nazmi occupe le poste de professeur de psychologie sociale à l' Université de Bagdad. Il est une figure majeure de la gauche intellectuelle iraquienne. 

Dans le même numéro

On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.