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Face aux suicides professionnels

novembre 2009

#Divers

La plupart des déclarations publiques provoquées par les suicides professionnels mobilisent une polarité bien connue. Il y aurait d’un côté les exigences de la concurrence, les contraintes de compétitivité, les changements indispensables, bref l’impératif économique. De l’autre côté, il y aurait des hommes et des femmes en chair et en os, la pression des objectifs, les résultats inatteignables, les mobilités forcées, les destins fracassés, bref la souffrance humaine.

On n’aurait plus le choix qu’entre deux pis-aller. Moins d’économique au nom de « l’homme » (suspendre les mobilités, arrêter les réductions d’effectifs, stopper les délocalisations…), ou bien plus d’humain malgré les « impératifs » (écoute psychologique, meilleure conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale…). L’imagination ne déborde pas.

À défaut d’imagination, il est loisible de durcir le ton. Les nouveaux Zola de la question du travail s’en privent rarement, relayés par une critique sociale qui peine à se renouveler. Totalitarisme des machineries gestionnaires, management par la terreur, banalité du mal : on nous sort toute

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Francis Ginsbourger

Economiste et consultant, il est notamment l'auteur de La gestion contre l'entreprise (La Découverte, 1998), Ce qui tue le travail (Michalon, 2010) et le Vercors oublié (L'Atelier, 2019).

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