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Revigorons l’impôt sur les sociétés !

juin 2021

Les propositions d’augmentation de l’impôt sur les sociétés, aux États-Unis, doivent être saluées comme une bonne nouvelle par l’Union européenne, qui peine encore à mener une politique fiscale efficace.

En matière fiscale, l’Europe est paralysée. L’intensité des échanges commerciaux en son sein favorise une course vers le bas qui pèse sur la capacité fiscale à financer les dépenses publiques. Profondément dissymétrique, celle-ci ronge aujourd’hui la cohésion de l’Union.

Il faut donc se féliciter de l’initiative de la nouvelle administration Biden, aux États-Unis, pour remonter le taux de l’impôt sur les sociétés (IS) de 21 % à 28 % et mettre en place, surtout, un taux minimum de 21 %. Si le projet passe au Congrès, une multinationale comme Google, qui localise le gros de ses profits européens en Irlande, paiera le taux de 12, 5 % en vigueur aujourd’hui, mais sera encore redevable de 8, 5 % au Trésor des États-Unis, même si elle laisse les sommes en Irlande ou dans quelque paradis fiscal. Il deviendra moins profitable pour elle d’y concentrer ses profits. Et l’Irlande elle-même aura moins avantage à conserver son taux bas devant le manque à gagner de 8, 5 %. Les fiscs des autres pays européens ne peuvent que s’en réjouir. On pourrait même voir l’Europe suivre les États-Unis sur ce taux minimum à 21 % (elle discutait jusqu’à récemment d’un minimum à… 12, 5 % !). Ainsi notre bonne Europe s’en remettrait une fois de plus aux États-Unis pour faire la police chez elle : ce sont eux qui ont imposé au Luxembourg la transparence sur les opérations bancaires, une demande que les autres membres de l’Union n’osaient faire que d’une petite voix timide.

La course au moin

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François Meunier

Auteur, chroniqueur, professeur associé à ENSAE Paris Tech, il a publié récemment Comprendre et évaluer les entreprises du numérique, Eyrolles - Institut Messine, 2017.

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague  » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.