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Les réticences contemporaines vis-à-vis de la vaccination

juil./août 2016

Comment comprendre le scepticisme de plus en plus profond à l’égard de la vaccination ? Il ne tient pas tout entier à la recrudescence de l’irrationnel, mais aussi à la promotion par les autorités de santé publique d’une forme de «  solidarité choisie  » par des individus responsables de leur propre santé.

Longtemps cantonnées en France au public peu nombreux des « ligues anti-vaccinalistes1 », les réticences plus ou moins marquées vis-à-vis de la vaccination semblent aujourd’hui gagner un public plus large, à mesure que la rougeole gagne aussi du terrain. Alors que les affaires du sang contaminé ou de l’hormone de croissance avaient déjà ébranlé la confiance dans l’administration publique de la santé, l’épisode de grippe A (H1N1), qui aura préoccupé le monde entier d’avril 2009 à août 2010, a mis en évidence un scepticisme de plus en plus profond vis-à-vis de la vaccination2. L’adhésion de la population française à l’acte vaccinal, qui semblait indiscutable, n’était peut-être qu’un mythe. Ce sont les raisons de cette extension des réticences vis-à-vis de la vaccination que nous voudrions identifier, en sachant qu’elles sont propres à d’autres pays développés3, et en testant l’hypothèse selon laquelle elles s’expliquent largement par cette même culture de l’individualisme, qui veut faire de nous des « acteurs responsables de notre santé », et que la prévention cherche justement à développer.

Qu’est-ce qu’un vaccin ?

Un vaccin est un médicament, le plus souvent à visée préventive4, qui s’adresse à des

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Frédéric Orobon

Agrégé de philosophie, enseignant à l’INSPE de Bourgogne, Frédéric Orobon a soutenu une thèse de doctorat à l’Université Jean Moulin Lyon 3, intitulée Santé publique et libertés individuelles.

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