Dans le même numéro

« Que sont nos colères devenues ? »

mars/avril 2016

#Divers

L’histoire d’Esprit témoigne d’oscillations entre des colères intransigeantes et les compromis de l’engagement politique. Les colères plus récentes ont été souvent motivées par la critique du réformisme.

Il a été de bon ton, ces dernières années, de moquer avec condescendance le succès du petit libelle de Stéphane Hessel appelant à l’indignation. L’indignation, la colère, a-t-on souvent avancé, ne « sont pas une politique », et encore moins un type de passion auxquelles les intellectuels « de raison » pourraient se permettre de succomber.

Pourtant, si l’on considère l’histoire intellectuelle en général, et l’histoire de la revue Esprit en particulier, force est de constater que la colère ou l’indignation apparaissent d’emblée comme des sentiments fondateurs et largement générationnels dans le contexte du début des années 1930 qui a vu naître la revue.

Peu importe ici la vérité des motivations de cette révolte générationnelle : motivée par des faits objectifs ou seulement fondée sur des impressions, elle es

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Goulven Boudic

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Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».