Dans le même numéro

François Mitterrand autobiographe. Des mémoires discontinus contre le monument gaullien

Des mémoires discontinus contre le monument gaullien

Alors que la campagne présidentielle se place à gauche sous le signe de la nostalgie du mitterrandisme, cet article s’interroge sur l’absence d’œuvre mémorialiste de François Mitterrand. Le choix de ne livrer que des aperçus partiels de son parcours, notamment sous la forme d’entretiens, est le reflet d’une vie politique suractive mais elle témoigne aussi d’une rivalité mal surmontée avec le modèle gaullien.

Tout homme politique autobiographe ne devient pas ipso facto mémorialiste d’État. Les modèles de mémoires d’État transmis à la postérité par Retz, Saint-Simon et Chateaubriand ne sont guère aisés à imiter. Le général de Gaulle y est parvenu, tout en paraissant exténuer le genre. Les politiciens talentueux sont désormais contraints à réinventer peu ou prou les mémoires d’État. François Mitterrand ne s’y est pas risqué. Son autobiographie, disséminée dans plusieurs ouvrages, s’avère inachevée. Les trente premières pages de souvenirs personnels mitterrandiens ont été publiées en 1969 sous le titre « Fragments d’autobiographie pour une explication politique

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !