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Photo : Rose Lamond via Unsplash
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Gouverner le trottoir

octobre 2021

Sous l’effet des transitions numérique, écologique et post-Covid, les usages du trottoir par les piétons, les riverains et les fournisseurs de service s’intensifient. Les municipalités devraient se saisir de cet espace urbain comme d’un enjeu de régulation, mais aussi comme un levier politique.

Mai 2021 : les terrasses des cafés et des restaurants rouvrent avec le déconfinement, et ravivent à Paris une polémique qui dénonce la saleté et la laideur de la capitale, ainsi qu’une « esthétique de la palette » et une privatisation de facto de l’espace public1. Celle-ci n’est toutefois que le dernier avatar de ces batailles qui fleurissent régulièrement au sujet des nouveaux usages du trottoir. En 2019, Paris en bannit les trottinettes électriques ; en 2018, l’aventure des vélos « flottants » tourne au fiasco ; en 2017, les villes de Bordeaux, Lyon et Nantes se rebiffent contre les publicités sur les trottoirs que l’État s’apprête à autoriser2 ; en 2011, la « taxe trottoir », dite aussi « taxe kebab », votée par la mairie d’Avignon suscite de vifs débats3.

Ces controverses s’enchaînent au rythme des nouvelles occupations du trottoir, qui elles-mêmes évoluent au fil des mutations touchant les villes. De telles batailles existaient d’ailleurs déjà au xixe siècle : en 1882, l’architecte Jules Brunfaut dénonçait pêle-mêle l’encombrement des trottoirs par les candélabres à gaz, les boutiquiers, les « voitures à bras » et les « petites carrioles traînées ou poussées à la main par la mère ou par la

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Isabelle Baraud-Serfaty

Consultante en économie urbaine, maîtresse de conférences à l’École urbaine de Sciences Po, elle a notamment contribué à Villes et territoires résilients (Hermann, 2020).

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.