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L’école de la confiance et du conflit

La crise du baccalauréat, par son éviction de la médiation syndicale, témoigne d’une défiance à l’égard des institutions. Le ministre de l’Éducation nationale lui oppose une école de la confiance. Mais il faut rappeler que la confiance contient la possibilité du conflit.

Par une forme d’ironie historique et de coïncidence politique grinçante, le bref et soudain conflit qui a éclaté lors des corrections des copies du baccalauréat 2019 est parvenu, en raison de sa gravité et de son retentissement médiatique, à occulter l’adoption définitive de la loi de confiance en l’école par le Parlement le 4 juillet dernier.

«Le temps de la loi» – expression du ministre de l’Éducation nationale[1] – aura donc subi les assauts de l’actualité jusqu’à son terme. Que l’événement le plus bruyant fasse écran et devienne le plus significatif au détriment des choix engageant l’avenir de plus de douze millions d’élèves constituerait cependant un grand paradoxe démocratique, que l’on ne doit pas écarter à l’âge d’une «démocratie extrême» selon Dominique Schnapper[2].

Toutefois, l’étrange acuité de cette crise scolaire très focalisée, qui suscite des interrogations à ce jour non résolues, peut être lue comme le signe d’un drame d’a

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Isabelle de Mecquenem

Isabelle de Mecquenem est agrégée de philosophie et enseigne depuis trente ans une discipline qui n’existe pas, la philosophie de l’éducation. Depuis 2015, elle est aussi chargée de mission sur la laïcité et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme à l’université de Reims Champagne Ardenne. Elle a publié une synthèse sur la laïcité en 2018 aux éditions Studyrama. Elle dirige avec Céline…

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Le dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon et Isabelle de Mecquenem, remet le sens de l’école sur le métier. Il souligne les paradoxes de « l’école de la confiance », rappelle l’universalité de l’aventure du sens, insiste sur la mutation numérique, les images et les génocides comme nouveaux objets d’apprentissage, et donne la parole aux enseignants. À lire aussi dans ce numéro : un inédit de Paul Ricœur sur la fin du théologico-politique, un article sur les restes humains en archéologie et un plaidoyer pour une histoire universaliste.