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Des prophètes en régime séculier ?

janvier 2017

#Divers

Quand on évoque la figure de Jésus et celle de Marx1, on peut dire que la qualification du premier comme « prophète » paraît conforme à l’usage le plus courant du terme, mais que pour le second, elle est certainement discutable – et discutée. Elle l’aurait d’ailleurs été sans nul doute par Marx lui-même, dont on connaît la volonté de constituer une pensée scientifique de l’histoire sur le fond préalable d’une critique de la religion. Mais si l’on entend par « prophète » quelqu’un qui parle non pas tant au nom de Dieu que pour annoncer un avenir, « promettre » un état futur, voire « prédire » des événements – qui peuvent être des malheurs ou des réalisations à venir –, on comprend qu’il ait pu être désigné comme un « prophète ». On peut, bien sûr, parler dans ce cas d’une sécularisation du prophétisme, au sens où l’on serait passé de sa forme religieuse à une forme philosophico-politique.

Marx ne serait pas seul à avoir été qualifié de « prophète » sur ce mode, faut-il dire métaphorique ou sécularisé, c’est devenu un usage des plus courants. J’en fournis une illustration involontaire dans la Querelle de l

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Jean-Claude Monod

Philosophe, il s'intéresse en particulier aux rapports entre politique et religion, ainsi qu'à l'articulation entre démocratie et pouvoir, notamment dans l'interrogation qui est au coeur de son livre, Qu'est-ce qu'un chef en démocratie? Politiques du charisme (Paris, Seuil, 2012).

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