Autoportrait attribué à Léonard de Vinci, 1512. | Librairie royale de Turin, Wikimédia.
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Le paradoxe Léonard

Morts et résurrections de la Renaissance

juil./août 2020

Il existe un débat historiographique sur le concept de Renaissance. Les catégories de l’histoire de l’art tendent à en relativiser les limites. La figure de Léonard, riche et ambivalente, se situe au carrefour de ce débat.

« La Renaissance se meurt, la Renaissance est morte[1].» Voilà l’abominable nouvelle par laquelle commence le plaidoyer de Jean-Marie Le Gall pour ce concept historiographique. On apprend heureusement, trois cent cinquante pages plus loin, qu’il s’agissait d’une fake news propagée par de méchants historiens. L’une des cibles de Le Gall est Jacques Heers qui reprenait, après bien d’autres, la déconstruction du «mythe» de la Renaissance et son cortège d’«idées reçues» dépréciatives pour les siècles qui l’ont précédée[2]. Deux éléments intriguent dans l’actualité, du moins en langue française, de ce débat historiographique. D’une part, c’est le fait que le culte médiatique et institutionnel de la Renaissance, symbolisé par les années Léonard de Vinci et Raphaël, ne semble nullement atteint par ce doute plus que séculaire. L’« homme universel » de la Renaissance semble manifestement avoir existé, les autorités se l’arrachent et le public n

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Joël Roucloux

Professeur d’histoire de l’art à l’université de Louvain, il a notamment contribué à La Ville magique (Gallimard, 2012)

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Ce dossier coordonné par Jean Godefroy Bidima et Antoine Garapon fait entendre les voix multiples de l’Afrique. Depuis leur perspective propre, ces voix africaines débordent la question postcoloniale et invitent au dialogue ; elles participent à la construction d'une commune humanité autour d’un projet de respect de la vie. À lire aussi dans ce numéro double : la participation dans le travail social, les analogies historiques de la pandémie, les gestes barrières face aux catastrophes écologiques, l’antiracisme aux États-Unis et l’esprit européen de Stefan Zweig.