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De la peur du fou à la parole des patients. Entretien

Le prisme de la « dangerosité » encourage aujourd’hui, sur le plan politique, une approche sécuritaire de la maladie mentale. Et ce, alors même que dans les pratiques thérapeutiques se développent les groupes de paroles, les lieux d’échange, la reconnaissance d’une « expertise d’expérience » qui permet de sortir la division entre un médecin savant et un patient ignorant.

Esprit – Il semble aujourd’hui que le discours public sur la folie se soit effacé, mais qu’en revanche la « souffrance psychique » soit omniprésente. Comme si nous étions tous des individus en souffrance, ce qui donne l’impression que les personnes qui ont besoin d’une prise en charge psychiatrique et que l’on aurait naguère appelées des fous se situent dans un continuum du malaise psychique. N’y a-t-il pas là une dilution, une banalisation de la folie, soit des pathologies graves qui nécessitent une prise en charge spécifique ?

Patrick Landman – En 2001, l’Organisation mondiale de la santé a changé sa définition de la « santé mentale » : il ne s’agit plus simplement de l’absence de symptômes, mais du droit au

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