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Dans le même numéro

Introduction

par

M. F.

mars/avril 2012

#Divers

En France, le terme « philosophe » est chargé d’une symbolique directement héritée des Lumières. Tout au long du xviiie siècle, et plus encore pendant la Révolution, les lettrés et les publicistes sont considérés comme des philosophes pour autant qu’ils adhèrent à l’idée de progrès et à l’universalisme français. Nul besoin d’entretenir un rapport très étroit avec la discipline pour se réclamer d’elle : cette identité du « philosophe » avec l’« intellectuel », et réciproquement, continue à produire ses effets dans le débat public d’aujourd’hui. Quel que soit son domaine de compétence, un savant français devient philosophe à partir du moment où il parle de choses générales susceptibles d’intéresser le plus grand nombre.

Ce fait complique le projet d’établir un état des lieux, même partiel, de la philosophie en France. Et ce d’autant que le dernier moment où « la » philosophie française a donné le sentiment d’une certaine homogénéité remonte aux années 1960. L’engouement créé autour de la linguistique, puis le succès rencontré par les méthodes structurales en anthropologie, ont ouvert une période faste pour la pensée française qui n’allait d’ailleurs pas tarder à s’exporter aux États-Unis sous le nom de French theory. Le refus de l’« humanisme » a permis de constituer sous le

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