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Le populisme, caricature de la démocratie

Le populisme simplifie les principes de la démocratie (souveraineté du peuple, égalité, représentation) jusqu’à la caricature. Dans un tel régime, le peuple gouverne contre les élites, notamment grâce aux nouveaux médias numériques.

«Parmi tous les régimes imparfaits, la démocratie est de beaucoup le moins imparfait, parce que c’est celui qui limite le plus la capacité d’action des gouvernants[1].»

Le populisme dont on parle aujourd’hui n’a rien à voir avec les populismes historiques : il est un phénomène global et essentiellement numérique. Si on ne parle pas de populisme à propos de la Chine, par exemple, c’est précisément parce qu’Internet y est contrôlé par le gouvernement, et non l’inverse. En revanche, on parle de plus en plus de populisme à partir de 2016 (Brexit, victoire de Trump, etc.), précisément à propos des démocraties occidentales consolidées. C’est là qu’Internet va jusqu’à remplacer la démocratie. Internet va devenir notre environnement vital et le populisme numérique le mode de fonctionnement normal des démocraties occidentales. Pourtant, ou peut-être à cause de cela, celles-ci risquent de se rapprocher de plus en plus des démocraties illibérales, telles que la Russie ou la Turquie.

Souveraineté, égalité, représentation

Ce n’est pas le moindre paradoxe de l&

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Mauro Barberis

Professeur de droit à l'université de Trieste, il publie prochainement #Populismo : come internet uccide la democrazia (Chiarelettere, 2020).

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À mi-mandat du quinquennat d’Emmanuel Macron, le dossier diagnostique une crise de la représentation démocratique. Il analyse le rôle des réseaux sociaux, les mutations de l’incarnation politique et les nouvelles formes de mobilisation. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Luc Nancy sur l’Islam, Michael Walzer sur l’antisionisme et François Dubet sur la critique de la sélection.