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Dans le même numéro

Introduction

mars/avril 2016

#Divers

La colère nous apprend qu’il y a des manières d’être « raisonnables » qui n’honorent pas la raison. Ne jamais s’emporter, accueillir tous les événements avec détachement, être toujours d’une humeur égale : autant de préceptes qui traduisent une indifférence à l’égard du monde et portent le risque d’un aveuglement à l’égard des injustices qu’il recèle.

Cela explique sans doute pourquoi, parmi les passions, la colère est l’objet d’un traitement particulier de la part de Platon. Loin de l’opposition statique entre la raison et le sensible, Platon fait de la colère (thumos) le signe de la contradiction humaine : elle peut tout aussi bien se ranger du côté du désir, dont elle est la pointe agressive, que de la raison, à laquelle elle confère une force inappréciable. L’irascible est une dimension autonome de la vie affective qui relève moins du corps que du cœur. Les emportements de ce dernier manifestent un engagement en faveur du bien et du vrai indispensable à la pensée. La colère confère l’énergie dont a besoin l’idéalisme pour ne pas s’enferrer dans les abstractions. D’où vient la nécessité de s’élever au monde des idées sinon de l’insatisfaction courroucée que l’apprenti philosophe ressent à l’égard de ce monde ?

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricœur (Anthologie Paul Ricœur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment, en mars-avril 2012, « Où en sont les philosophes ? ». Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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Colères

Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».