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Dans le même numéro

La trivialisation de l’intime

février 2008

#Divers

« Pipolisation » : ce terme est censé résumer désormais une mutation de notre vie politique. Mais que désigne-t-il au juste ? Plutôt que d’y voir une transgression de la limite qui devrait séparer le public du privé, on peut y déceler une perte de valeur de l’intime, qui arme l’ironie au lieu de convaincre de la plus grande humanité des hommes et des femmes de pouvoir.

« C’est quelque chose de très personnel… ce n’est pas seulement une affaire politique. »

Hillary Clinton au bord des larmes, le 7 janvier 2008

Il y a dans les jugements sur la « pipolisation de la politique » quelque chose d’étrangement anachronique. L’idée que la mise en scène de l’existence des puissants dénature le politique emprunte à une conception très contraignante de la séparation entre sphère privée et sphère publique. Il faut remonter aux Grecs pour trouver une expression radicale de cette séparation, et une véritable rupture qualitative entre l’espace public de l’agora et la vie domestique. Mais les Grecs ignoraient tout de ce que nous appelons aujourd’hui la « vie privée », dans laquelle ils ne voyaient rien de plus que l’aménagement des conditions nécessaires à la vie biologi

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricœur (Anthologie Paul Ricœur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment, en mars-avril 2012, « Où en sont les philosophes ? ». Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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