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Le retour de l'homme blanc ?

janvier 2017

#Divers

En 1983, paraissait le Sanglot de l’homme blanc, une charge virulente contre la culpabilité post-coloniale qui, selon Pascal Bruckner, tenait lieu de politique et de morale aux sociétés occidentales contemporaines1. En France, Pierre Mauroy était Premier ministre et le Parti socialiste s’apprêtait à lancer « Sos Racisme » dans le but de ramener à lui la deuxième génération issue de l’immigration africaine et maghrébine. Aux États-Unis, les campus universitaires devenaient sensibles à leur manière de parler des minorités (ce que les opposants ont par la suite dénoncé au titre de « politiquement correct ») et les politiques de discrimination positive venaient d’être constitutionnalisées par la Cour suprême (1978). Les raisons de croire que l’« homme blanc » avait intériorisé les discours tiers-mondistes et battait sa coulpe devant ses fautes passées semblaient nombreuses. L’opposition entre le Nord (prédateur et capitaliste) et le Sud (exploité et progressiste) jouait un rôle dans des discours qui remplaçaient la lutte des classes par celles des mémoires. Les pleurs de l’homme blanc pouvaient apparaître comme le signe d’un accablement moral dont il fallait sortir pour affronter la politique de manière plus réaliste.

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricoeur (Anthologie Paul Ricoeur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit.  Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008),...

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