Brueghel Jan & Rubens Peter Paul, La vue, 1617 - Wikimédia
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La religion dans la sphère civile. Une critique du « désenchantement »

février 2011

Dans cet article, Kilhani Monder met au jour les dangers d’un ethnocentrisme religieux dans l’approche de coutumes et de mœurs rituelles étrangères. Il propose d’ériger le respect de l'altérité en horizon sacré de la conscience qui découvre le monde sous de nouvelles formes.

Une critique du « désenchantement »

Le récit historique de la modernité occidentale suppose l’idée d’une expansion continue de la pensée séculière affranchie de la religion. Pour de nombreux auteurs, ce récit constitue le vecteur privilégié de la mondialisation, voire le soubassement idéologique du « programme civilisationnel » de l’Occident1. La représentation singulière que l’Europe se fait d’elle-même et des autres a tracé, à partir de la fin du xviiie siècle, une frontière entre l’Occident et le reste du monde2. L’idée de la modernité demeure ainsi tributaire de la religion. Elle procède en effet d’une perception chrétienne de l’histoire. Les notions mêmes de sécularité et de laïcité appartiennent à la terminologie chrétienne.

Religion et modernité : une relation ambiguë

La modernité relève d’un système de valeurs, la culture occidentale, qui distingue le « religieux » du « civique ». La dialectique « sacré »/« profane �

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