Le djihad dans la brousse

Cet entretien avec Luis Martinez, à l’occasion de la publication de son livre, L’Afrique, le prochain califat ?1, a eu lieu dans le contexte de la reprise de Kidal, fief de la rébellion touareg de l’Azawad, par l’armée malienne, accompagnée par les milices russes Wagner, que les autorités maliennes ont présentée comme un camouflet infligé à la France, avec un important effet sur la région.

Entretien avec Luis Martinez

Dans quelle mesure le djihad africain est-il une « révolution endogène » ?

De nombreux observateurs étaient convaincus que l’Afrique subsaharienne ne pouvait pas constituer un terreau favorable à des groupes djihadistes, en raison d’idées reçues sur l’implantation d’un islam modéré, organisé en confréries partenaires de l’État central, et sur l’association des groupes islamistes avec les pays arabes et d’Afrique du Nord, mais aussi à cause de la volonté de ne pas donner une image trop négative de la région qui souffrait déjà de nombreux problèmes2. Quand Boko Haram arrive au Nigeria au début des années 2000, les observateurs considèrent que le problème est propre à l’histoire du pays et à la situation singulière des régions du Borno et du Sokoto. En réalité, l’Afrique subsaharienne n’est pas imperméable aux transformations sociales et aux idéologies djihadistes que l’on a pu observer tout au long des années 1990 en Algérie et en Libye. Ainsi, à la même période que Boko Haram, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, qui devient Al-Qaïda au Maghreb islamique [AQMI] en 2007) s’implante dans le nord du Mali.

Les membres du GSPC ne sont pas au Mali pour faire le djihad : vaincus en Algérie et en Libye, ils s’installent comme d’anciens légionnaires pour vivre avec leur famille, travailler leur lopin de terre et trafiquer certaines marchandises. Mais avec le renversement du régime en Libye en 2011, la région entre en ébullition. Les Touaregs se disent qu’ils peuvent devenir maîtres de leur destin : les indépendantistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) pactisent alors avec les djihadistes d’AQMI pour libérer le territoire de leur ennemi commun. L’Algérien Abdelmalek Droukdel apporte son expérience : prudent, il enjoint ses combattants de ne pas imposer le djihad aux Touaregs, de faire la da’wa (« pédagogie ») et de leur expliquer qu’il s’agit d’instaurer un émirat islamique de l’Azawad sur le fondement de la justice. Il tient des propos de manager en recommandant à ses lieutenants de ne pas arrêter les femmes qui ne sont pas voilées, ni les hommes qui ne vont pas à la prière, parce que les gens n’aiment pas les moudjahidines qui imposent la charia.

Quand le MNLA, laïc et républicain, abandonne son projet d’indépendance sous pression algérienne en 2013, les djihadistes prennent la direction de l’insurrection, avec pour projet de réaliser au Sahel ce qu’ils ont échoué à faire en Algérie et en Libye. Le nord du Mali leur offre en effet un terreau favorable : démographiquement faible, économiquement sous-développé et sans infrastructure. Ils exploitent la région avec un succès certain, ce qui les conduit jusqu’à Mopti, le centre historique du Mali, provoquant l’intervention française qui arrête leur progression.

Votre parcours personnel et l’évolution de l’islamisme se suivent : vous travaillez d’abord sur la guerre civile algérienne, puis sur la Libye3, avant d’aborder l’Afrique subsaharienne. Depuis 1979, avec l’occupation soviétique de l’Afghanistan, on assiste à une extension du Moyen-Orient à partir d’un noyau djihadiste qui était au départ périphérique. Comment comprenez-vous cette extension ?

Pour l’Algérie, jusqu’à la fin des années 1980, on observait un régime, nationaliste et socialiste, avec son armée et son histoire révolutionnaire tiers-mondiste, et une société apaisée dans son rapport avec son passé colonial. Pourtant, on pouvait déjà noter une islamisation de la société : dans les émeutes de 1988, on voit des jeunes avec le pantalon afghan ! Lors du mouvement d’ouverture de 1989, le Front islamique du salut emporte les élections à la surprise générale. Et lors du mouvement de fermeture de 1991, un mouvement insurrectionnel djihadiste se développe, encore une fois à l’étonnement de tous les observateurs, qui considéraient que la menace islamiste pesait surtout sur la Tunisie4 !

On retrouve les mêmes fausses certitudes au sujet de la Libye de Kadhafi. Il existait trois menaces intérieures. La première, dès 1993, est celle des djihadistes du GSPC. Le régime va importer dix mille Russo-Ukrainiens pour massacrer cette insurrection et mettre massivement les survivants en prison, où des liens se tissent. À partir de 2008, il propose aux djihadistes de le reconnaître en contrepartie de leur libération, ce qu’ils acceptent, et le régime considère que la question est réglée. La deuxième menace est celle des contentieux frontaliers avec les Touaregs, les Toubous, etc. Pour y faire face, la Libye met en place un régime de libre circulation des travailleurs et une milice étrangère dans laquelle les rebelles sont recrutés afin de les neutraliser5. La troisième menace intérieure est celle des chefs traditionnels. Le régime de Kadhafi y répond par la « politique de la valise » : l’achat de la paix auprès de ceux qui ont un fief régional, une autorité tribale ou communautaire. Quand le régime tombe, les Touaregs enrôlés en Libye prennent armes et bagages et partent vers le Niger et le Mali. Il faut souligner que la révolution libyenne est animée par une haine profonde contre les Africains, que les djihadistes considéraient comme privilégiés par le régime. Au Niger, l’État comprend vite la menace et intègre les nouveaux arrivants dans les forces armées nigériennes. Mais le Mali les laisse s’installer dans le nord du pays.

Au Sahel, les mouvements djihadistes se sont facilement et rapidement mis en marche. Aujourd’hui, la moitié du Burkina Faso échappe aux autorités ! Cela s’explique par le très faible investissement des institutions étatiques. De plus, les mouvements djihadistes apportent aux populations locales un ensemble de ressources : la justice avec les tribunaux islamiques, la sécurité avec les milices islamiques, un salaire, une arme et une moto pour les jeunes recrues.

Les idéologies sont absorbées, transformées, diffusées ; des acteurs les exploitent et développent des stratégies à la faveur de moments opportuns (des élections algériennes annulées, une intervention militaire qui renverse le régime libyen). Il paraît aujourd’hui inimaginable que l’État islamique se développe au Mozambique et au Congo. C’était tout aussi inimaginable pour le Sahel en 2012…

Vous êtes assez critique sur la lutte contre le terrorisme : les forces françaises ont réussi à contenir les groupes djihadistes, mais pas à faire revenir l’État dans le nord du Mali. L’Union européenne, de son côté, croit au développement, mais se heurte à la corruption…

Concernant la stratégie française, ce n’est pas tant l’opération Serval (2013-2014) qui fait l’objet de critiques : des accords de coopération et de défense, ainsi qu’un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, lui donnaient une légitimité indéniable. Mais la France a considéré qu’elle pouvait l’utiliser pour devenir un leader européen en matière de défense. Avec l’opération Barkhane (2014-2022), elle entend devenir le gendarme de la lutte antiterroriste au Sahel et former un esprit européen de défense à moindre coût – rayonner non seulement en Afrique, mais aussi en Europe. Ainsi, l’enjeu de l’intervention n’est pas de l’emporter militairement, ce qui est impossible, mais d’obtenir quelques victoires qui montrent aux dirigeants du Sahel qu’on est sur la bonne voie. Or, entretemps, les djihadistes ne cessent d’augmenter leurs effectifs et d’étendre leur influence en trouvant des partenaires locaux et en administrant des territoires.

Le ministre de la Défense puis des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’enferme alors dans un déni de réalité et continue de vendre sa stratégie inefficace de lutte contre le terrorisme. Il inscrit la stratégie française dans la lutte contre le djihad mondial, assurant que la France assume sa part au Sahel. Une telle conception implique que le djihadisme au Sahel ait une dimension internationale. On peut en convaincre les Américains pour obtenir des financements, mais on ne peut tenir ce discours au niveau national : on explique alors aux Français que la France est militairement présente au Sahel pour empêcher qu’il y ait des attentats sur le sol national. Or le djihadisme du Sahel est bien endogène et aucun djihadiste du Sahel n’a jamais menacé de conduire une attaque sur le sol français. À cette époque, la France a même tenté de fabriquer de fausses preuves… Comme le discours ne passe pas, les autorités vont adopter un autre argumentaire de vente : la France est présente au Sahel afin d’aider les États de la région à retenir les migrants sur leur territoire. Or les États sahéliens ne sont pas intéressés par ce discours : ils veulent la fin des attentats et le retour des investisseurs. Il faut attendre 2019-2020 pour que des discours français insistent sur le fait que la sécurité est la base du développement économique.

Sur le plan européen, c’est le pouvoir magique de l’argent : l’Union européenne croit qu’en accordant des subventions, le djihadisme va s’arrêter. Mais le djihadisme est d’abord une idéologie ! D’autres voix soulignaient qu’il fallait d’abord cesser d’encourager ces pays à ouvrir leur économie à des multinationales qui ne redistribuent rien aux populations locales, et les aider à construire des économies locales, à développer une taxation, à investir dans des infrastructures, etc.

Vous insistez sur l’importance de négocier des compromis avec les djihadistes. Jusqu’où peut-on modifier le rapport entre l’État et la religion au Sahel ?

Les djihadistes refusent la république et la laïcité, identifiées à un héritage colonial français. Mais dans la pratique, ils ne cherchent pas interdire le français à l’école, ils veulent simplement autoriser l’enseignement de l’arabe6 ; ils laissent fonctionner les autorités locales, mais leur imposent des tribunaux islamiques ; en ce qui concerne le port du voile par les femmes, ils sont prêts à des compromis.

Vis-à-vis d’élites religieuses urbaines et lettrées, formées en Arabie saoudite, qui souhaitent plutôt une république islamique, ce djihad de la brousse est trop rustique. Mais il y a des pays qui anticipent les compromis à venir. Au Tchad, par exemple, qui reste pourtant une république laïque, les ministres prêtent publiquement serment sur le Coran depuis 2021. Au Niger, le terme de laïcité a été retiré de la dernière Constitution au profit de la mention d’un « État non confessionnel » sous la pression d’une alliance entre les forces islamistes du pays7. Il faut se souvenir qu’en 2015, quand le président nigérien se rend à Paris à la suite des attentats, il y a des émeutes dans son pays, suivant le mot d’ordre « Je ne suis pas Charlie », manifestant un décalage total entre les autorités et la société.

Ce n’est plus le djihad du xixe siècle, qui était un djihad de purification théorique de l’islam contre les confréries et les accommodements traditionnels. Aujourd’hui, le djihad combat des sociétés, des institutions politiques, des acteurs politiques, des organisations sociales. La violence contre la société est très importante : il s’agit de purifier les pratiques et les comportements.

L’hypothèse la plus probable est celle d’une islamisation des institutions de l’État.

Je fais l’hypothèse qu’il n’y aura pas de victoire djihadiste sur le modèle de la République islamique iranienne, mais qu’on se dirige, comme en Algérie et en Mauritanie, vers des rapprochements. Les autorités militaires ne peuvent plus ignorer les revendications des djihadistes relatives à la configuration de l’État, et ils savent que les théologiens des grandes villes appellent aux mêmes choses de manière pacifique. Les militaires vont donc progressivement réformer leur État pour accorder une place à l’islam, notamment concernant les affaires sociales et religieuses, les médias, la culture… L’hypothèse la plus probable est celle d’une islamisation des institutions de l’État.

Pour les Français, attachés à leur histoire dans la région et à la trace qu’ils y laissent, c’est difficile à accepter. Mais les populations locales doivent pouvoir construire leur propre histoire. En quarante ans, l’islam est devenu majoritaire au Burkina Faso : il est impossible de faire abstraction de cette évolution.

Mais à un moment donné, le compromis n’est plus possible et les armes parlent de la manière la plus brutale qui soit. Ainsi, au Burkina Faso, depuis le coup d’État, il n’y a pas plus d’attentats, mais il y a deux fois plus de morts…

Les États malien et burkinabé étaient en situation de trop grande faiblesse pour négocier avec les djihadistes. Les militaires ont donc d’abord fait une démonstration de force mais, par la suite, pour gérer les territoires reconquis, le compromis avec les djihadistes est beaucoup moins coûteux qu’une guerre sans fin. En 1994, quand des groupes déclarent le djihad contre Kadhafi, ce dernier déclare la charia en Libye. Même les militaires algériens ont fini par accepter la « salafisation » de l’islam en Algérie : ils ont conservé le pouvoir (et les ressources financières) de l’État, mais ont fait des compromis sur le plan social.

Pour Ibn Khaldûn, la création d’un pouvoir requiert, d’un côté, un groupe solidaire mais différencié (assabiya), et, d’un autre côté, une idéologie universaliste d’appel (da’wa)8. Aujourd’hui, l’État islamique et Al-Qaïda sont devenus des émetteurs d’appel et rencontrent sur le terrain africain cette ressource de solidarité différenciée, en partie armée. N’y a-t-il pas là une dynamique de radicalisation que ni les pouvoirs centraux ni les appareils religieux ne peuvent contrôler ?

C’est en effet le risque. Mais une telle radicalisation n’a de sens pour ces organisations que si elle débouche sur la reconfiguration de l’État, sur un mode fédéral par exemple, avec des régions laissées aux djihadistes mais qui restent dans le giron national et avec des compromis au niveau social (Nigeria, Mali, Burkina Faso). Même si le territoire acquis sert de base à une nouvelle expansion, potentiellement continentale (Mozambique, République démocratique du Congo, Tchad…), le projet d’une organisation reste limité par son idéologie, la démographie, la géographie, les forces étrangères et les réalités sociales. C’est pourquoi une accommodation rapide a lieu sur les territoires : ainsi, l’État islamique encercle Ménaka et contrôle les points de passage, mais ne cherche pas à entrer dans la ville. Les liens qui se construisent alors permettent de déconstruire les idées reçues sur les uns et les autres.

Vous insistez sur l’importance du Niger, qui a connu depuis la publication de votre livre un coup d’État.

Avec les coups d’État, le Mali et le Burkina Faso ont basculé dans le nationalisme armé. Comme en Algérie dans les années 1990, le pouvoir militaire arme les civils et forme des milices pour traquer et éradiquer les groupes djihadistes, ce qui crée toutes les conditions d’une guerre civile. Le Niger n’est pas encore entré dans cette dynamique. Les autorités militaires qui ont pris le pouvoir ont surtout le souci de s’affranchir de la critique radicale des djihadistes contre la présence française : en faisant partir les Français, elles désamorcent la critique djihadiste ; il reste à trouver des compromis sur l’islam et la représentation des djihadistes au niveau local. Le Niger reste pragmatique, alors que le Mali et le Burkina Faso, avec leurs dizaines de milliers d’hommes et leurs mercenaires russes, ont basculé dans la guerre civile. Or les djihadistes gagneront, parce que les armées vont se discréditer à mesure de leur engagement dans ce combat, au niveau national et au niveau international, d’autant que ces pays n’ont pas de rente qui leur permettrait de reconstituer les ressources de l’État et de désamorcer la contestation par des politiques publiques (comme celle du pétrole dans l’Algérie des militaires, la Libye de Kadhafi ou l’Irak de Saddam Hussein).

Soixante ans après les indépendances, on entend deux discours : la kleptocratie et la paramilitarisation de l’État, d’un côté, l’Afrique comme continent de l’avenir, de l’autre9.

En effet, les politiques publiques ont échoué à consolider l’État, à asseoir la loyauté des populations, à développer les territoires et donc la communauté nationale après les indépendances en Afrique. Aujourd’hui, les appareils d’État sont constitués autour de clans, souvent militaires, qui accaparent les ressources. D’un point de vue démographique, ce n’est pas soutenable : on ne peut pas gérer un Niger peuplé de soixante millions d’habitants comme on le gérait à l’indépendance, quand il en comptait dix millions. Concernant le second discours que vous évoquez, il est vrai que le continent a toutes les ressources pour être le continent de l’avenir : sa jeunesse, ses ressources naturelles, sa géographie, son histoire… La réappropriation de l’ensemble de ces ressources est à l’œuvre, mais elle n’est pas encore aboutie. Pourtant, j’ai envie d’y croire !

Propos recueillis par Hamit Bozarslan, Anne-Lorraine Bujon et Jonathan Chalier

  • 1. Luis Martinez, L’Afrique, le prochain califat ? La spectaculaire expansion du djihadisme, Paris, Tallandier, 2023.
  • 2. De plus, au début des années 2010, les chercheurs qui travaillaient sur l’Afrique subsaharienne n’échangeaient pas beaucoup avec ceux travaillant sur l’Afrique du Nord. Voir, cependant, Zekeria Ould Ahmed Salem, Prêcher dans le désert. Islam politique et changement social en Mauritanie, Paris, Karthala, coll. « Les Afriques », 2013.
  • 3. L. Martinez, La Guerre civile en Algérie, Paris, Karthala, coll. « Recherches internationales », 1999 ; Violence de la rente pétrolière. Algérie, Irak, Libye, Presses de Sciences Po, coll. « Nouveaux débats », 2010 ; L’Afrique du Nord après les révoltes arabes, Paris, Presses de Sciences Po, coll. « Monde et sociétés », 2019.
  • 4. Voir François Burgat, L’Islamisme au Maghreb. La voix du Sud, Paris, Karthala, 1988.
  • 5. Voir aussi, sur les transferts marchands, Emmanuel Grégoire, « Les relations politiques et économiques mouvementées du Niger et de la Libye », dans Olivier Pliez (sous la dir. de), La Nouvelle Libye. Sociétés, espaces et géopolitique au lendemain de l’embargo, Paris, Karthala/Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans, coll. « Hommes et sociétés », 2004, p. 97-109.
  • 6. Voir le rapport du Centre pour le dialogue humanitaire, « Négocier avec les djihadistes : options, défis, risques et opportunités », 2023.
  • 7. Voir Rahmane Idrissa, Islam et politique au Sahel. Entre persuasion et violence, Niamey, EPGA, 2018. Voir aussi Abdoulaye Sounaye, Islam et modernité. Contribution à l’analyse de la ré-islamisation au Niger, préface de Souleymane Bachir Diagne, postface de Jean-Dominique Pénel, Paris, L’Harmattan, 2016 : ces mouvements s’inspirent du djihad du xixe siècle, selon lequel un pays a la religion du prince.
  • 8. Voir Hamit Bozarslan, « Quand les sociétés s’effondrent. Perspectives khaldûniennes sur les conflits contemporains », Esprit, janvier 2016.
  • 9. Sur ce second discours, voir l’entretien avec Thierry Vircoulon, « Quand l’Afrique s’éveillera… », Esprit, juillet-août 2020.