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Le paradoxe de la représentation. Entretien

décembre 2016

#Divers

Dès l’Antiquité, la représentation est à la fois ce qui relie et qui sépare. La modernité hérite de ce paradoxe qu’elle tente de résoudre par le concept de nation, pourtant aussi fictive que le peuple. L’acte de se représenter, aussi fragile soit-il, permet de retrouver sa puissance d’agir.

Esprit – Plutôt que de s’engouffrer dans les diagnostics sur la crise de la représentation, votre livre, le Miroir et la Scène, part d’un paradoxe : la représentation désigne à la fois la présentation fictive de ce qui est absent et une présence renforcée. Qu’est-ce qui vous semble « déceptif » dans la représentation ? Les critiques qui lui sont adressées ne trahissent-elles pas une attente démesurée dans le règlement juridique du lien démocratique ?

Myriam Revault d’Allonnes – Effectivement, l’un des motifs les plus présents dans les analyses actuelles de la « crise » ou des déficits de la représentation est celui de la déception et de la défiance des citoyens à l’égard des instances juridico-politiques, perçues comme inadéquates et inopérantes. Ces attentes déçues se manifestent également �

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Myriam Revault d'Allonnes

Philosophe, professeur émérité des universités à l'École pratique des hautes études, Myriam Revault d'Allonnes a notamment publié La Faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun (Seuil, 2018), La Crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps (Points, 2016) et Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie (Seuil, 2010).…

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