Portrait d'Édouard Glissant - wikimédia
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Tours et détours d'Édouard Glissant

Poète du Tout-monde, Édouard Glissant, Antillais ayant fait ses études de philosophie à Paris, a voulu très tôt se défaire du regard de l’Autre, de ce regard de l’Occident qui figeait les choses en essences éternelles, sans pour autant renoncer au dialogue. Penseur de l’archipel et de la créolisation, il décale le regard et le verbe, s’érigeant contre le fantasme de l’Un pour donner à voir un monde mouvant, en perpétuel « tremblement ».

Longtemps délaissée dans les marges, réputée hermétique ou tendant à l’illisible, la pensée d’Édouard Glissant fait aujourd’hui entendre sa voix1. Pourtant, malgré une fulgurante extension d’audience liée à l’émergence des littératures antillaises, au succès des problématiques relatives à la francophonie, à l’essor mondial des études culturelles, postcoloniales, et – il faut le dire – à la persistance des questionnements sur l’identité, son œuvre reste à lire.

À lire non pas dans la perspective d’une traduction mimétique ou paraphrastique des idées qui, sous couvert de présentation ou d’hommage, fixerait le « tremblement » de sa pensée, mais bien plutôt dans l’écart, en accordant une attention fidèle aux « opacités », aux « détours » d’une parole volontairement « différée » ou, pour reprendre une expression de Glissant à propos de Faulkner, à ce que le texte « dit sans dire tout en disant ». Projet herm&eac

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