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Le salut par le beau, le salut par le laid

juillet 2009

L’art exprime parfois, par inversion de l’eschatologie religieuse, la croyance en un salut par le mal. L’exploration éperdue de la grandeur négative pousse l’artiste, entre le sublime et le néant, à trouver dans son expression une forme de connaissance par les extrêmes.

De Goya à Dado, et de l’Idiot aux Bienveillantes

La beauté est mieux reconnue que la laideur. « La beauté sauvera le monde » dit le prince Mychkine de Dostoïevski, dont l’idiotie recouvre et camoufle en un sens la beauté. À moins qu’elle n’en fasse partie intégrante ? La beauté a toute une tradition philosophique et morale. La synergie entre beau et bon est fondamentale pour la pensée antique, le passage ascendant du beau physique au beau moral est objet de débat chez Platon. Il est redéfini, et le beau s’autonomise avec l’invention de l’esthétique, du goût au xviiie siècle ; il est attaqué par Nietzsche comme une illusion ridicule ; il est presque chassé de l’art depuis la révolution cubiste. On croit savoir ce qu’est le beau. Mais qu’en est-il du laid ?

Notons qu’en français « beau » vient du latin, le mot est cousin de l’italien bellezza. Tandis que laid vient du germain Leid, outrage, douleur. En anglais, beautiful est issu du latin, ugly du germanique. Hideux ou hideous viennent tous deux égale

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Georges Nivat

Historien des idées et slavisant, traducteur spécialiste du monde russe.

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