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Habiter « hors les murs ». Poèmes présentés par Jacques Darras

mars/avril 2015

Habiter « hors les murs »

Voici l’exemple d’un poète qui ne craint pas de pratiquer la forme vers. N’est-ce pas, demande-t-on incrédule, depuis toujours la fonction du poète ? Dans la langue française contemporaine, non, plus vraiment. Dans le régime d’écriture parlée généralisée où nous vivons, maintenir la ligne-vers apparaît anachronique. Un peu comme, dans un environnement sismique, tel pilier soutiendrait miraculeusement la structure d’une maison. Dans le cas du prosodiste Réda, il convient cependant de nuancer. La rigidité de la pratique s’accompagne, chez lui, d’une souplesse inventive et évolutive. Comme il l’a maintes fois expliqué, la « vieille » mécanique alexandrine a connu, sous sa conduite, des variations multiples. Dans les trois premiers recueils Amen, Récitatif, la Tourne (1968-19751) le poète allongeait le douze jusqu’à un vers de quatorze syllabes non rimé avant de revenir, dans Hors les murs2, à un douze rimé, prenant élastiquement en compte ou non les e muets. Dans les tout derniers recueils, en particulier depuis la Lettre sur l’univers et autres discours en vers français

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