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Quand agir, c'est lire. La lecture créatrice selon Simone Weil

août/sept. 2012

La lecture créatrice selon Simone Weil

Philosophe égarée dans l’action. C’est ainsi que Simone Weil a souvent été caricaturée. Pourtant l’action et la réflexion sont, pour elle, inséparables, comme le montre son idée de « lecture », qui concerne aussi bien les grands auteurs classiques que le déchiffrement du monde.

Simone Weil pensait que la philosophie était « une, éternelle et non susceptible de progrès ». Elle la croyait seulement capable d’un renouvellement dans l’expression, « quand un homme se l’exprime à lui-même et l’exprime à ceux qui l’entourent en des termes qui ont rapport avec les conditions de l’époque, de la civilisation, du milieu où il vit1 ». Imprimer un « accent nouveau » à une « pensée éternelle en droit » ne peut consister qu’en une « transposition » opérée d’âge en âge, et telle est la « seule raison pour laquelle il peut valoir la peine d’écrire2 » après Platon. La transposition est d’ailleurs un « critérium pour une vérité » : « Ce qui ne peut pas être transposé n’est pas une vérité3. » Notre tâche, face à la pensée de Simone Weil, revient à chercher si, tels qu’elle l

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Robert Chenavier

Agrégé de philosophie et docteur en philosophie. Il est président de l'Association pour l'étude de la pensée de Simone Weil, et est responsable scientifique de l'édition des Œuvres complètes de Simone Weil, publiées par Gallimard.

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