Douala, Cameroun, photo d'Edouard TAMBA
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Le Cameroun en crise

mai 2019

#Divers

Malgré la réélection sans surprise de Paul Biya le 7 octobre 2018, jamais le pouvoir en place n’a été à ce point contesté. La désillusion y est totale : une élite corrompue a plongé le pays dans une crise de gouvernance, une crise sociale, et réactive de nombreux conflits latents.

Un Parti-État

Dans un climat politique délétère, l’État est arc-bouté sur son noyau dur dans une case de plus en plus vide de sens[1]. Malgré des améliorations longtemps réclamées par ­l’opposition politique et la société civile qui ont vu l’adoption du Code électoral en avril 2012, la mise sur pied du Sénat en avril 2013 et du Conseil constitutionnel en février 2018, les prérogatives de l’institution présidentielle lui permettent de maîtriser le jeu politique et de verrouiller les processus électoraux. Le président est au centre de tout : c’est lui qui personnalise l’État à l’extérieur comme à l’intérieur. Le parti présidentiel[2] contrôle les nominations aux postes officiels et contient l’opposition par une inclusion décorative, la censure administrative ou la répression policière. Malgré des mobilisations collectives depuis l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, les soutiens du président répètent en chœur que «c’est le choix de l’expérience».

Le Rd

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Rodrigue Nana Ngassam

Docteur en science politique (université de Douala), chercheur associé au Groupe de recherche sur le parlementarisme et la démocratie en Afrique (GREPDA) et à la Société africaine de géopolitique et d’études stratégiques (SAGES).

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Loin d’être neutres, les entreprises technologiques de la Silicon Valley portent un véritable projet politique. Pour les auteurs de ce dossier, coordonné par Emmanuel Alloa et Jean-Baptiste Soufron, il consiste en une réinterprétation de l’idéal égalitaire, qui fait abstraction des singularités et produit de nouvelles formes d’exclusions. Ce projet favorise un capitalisme de la surveillance et son armée de travailleurs flexibles. À lire aussi dans ce numéro : perspectives, faux-semblants et idées reçues sur l’Europe, le génocide interminable des Tutsi du Rwanda et un entretien avec Joël Pommerat.