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Fidel Castro : annonce d'une mort chronique

janvier 2017

#Divers

J’ai grandi dans un foyer où l’on prononçait le nom de Fidel Castro toutes les semaines, au moins une fois. Parfois tous les soirs. Il s’invitait au dîner, s’infiltrait dans la conversation. Son nom arrivait souvent peu après « Révolution », accompagné d’une date, toujours précise, d’une image, d’un lieu. Souvenirs et anecdotes où se mêlaient petite et grande histoire. Mes parents ont quitté Cuba pour la France en 1982. À l’heure où bien des ménages mitterrandiens célébraient encore, malgré les éclatantes désillusions, la « fête cubaine », Fidel Castro était notre bête noire. L’indéboulonnable patriarche concentrait les rancœurs. Mais toutes les digressions qui impliquaient son nom se terminaient invariablement par la même conclusion, résignée, marrie : « On ne peut pas nier que c’est un génie politique. » Comme pour justifier qu’il nous tînt encore tête, trente, quarante, cinquante ans après.

L’homme qui avait changé le destin de ma famille était donc brillant. Au fil des années, j’ai aussi appris qu’en dehors du cénacle familial, il était de bon ton de l’admirer, de louer sa résistance à l’impérialisme états-unien, d’applaudir à ses prouesses sociales, qui prenaient toujours le double nom de « santé et éducation ». Lors de mes premiers voyages à Cuba, au début des années 2000, j’entendai

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Romy Sánchez

Chargée de recherche au CNRS rattachée à l’Institut de recherches historiques du Septentrion de l’université de Lille, Romy Sánchez est spécialiste de l'espace caribéen au XIXe siècle. Elle a dirigé, avec Delphine Diaz, Jeanne Moisand et Juan Luis Simal, Exils entre les deux mondes. Migrations et espaces politiques atlantiques au XIXe siècle (Les Perséides, 2015).…

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