Les amours des Centaures. Rubens, vers 1635. Musée Calouste-Gulbenkian
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Comment l'animal nous rend humains

En partant des nombreux verbes qui, en anglais, décrivent des actions humaines ou des sentiments à partir de noms d’animaux (to bear, porter, to hound, pourchasser...), l’auteur souligne à quel point notre lien aux animaux est constitutif de notre imaginaire, de nos métaphores, de nos constructions mentales. En ce sens, ils participent, depuis la préhistoire, de la capacité réflexive de l’homme, et donc de notre capacité à nous situer dans la nature et à construire une société humaine. Mais celle-ci ne s’affaiblit-elle pas à mesure que nous perdons notre lien au monde animal ?

Depuis vingt ans, l’ours est pour moi un sujet de méditation intermittent. J’ai fini par m’apercevoir que l’image de l’ours représente bien plus que cet animal en tant que tel : il est permis de conjecturer que l’ensemble du règne animal eut une histoire parallèle à l’évolution biologique de l’ours – une histoire au cours de laquelle les animaux concoururent à l’émergence de la conscience de soi humaine en étant élaborés comme des figures de l’imagination humaine.

Le nom bear (« ours ») vient d’une racine indo-européenne d’o�

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