Photo : Ken Reid
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L'homme devant l'animal : observer une autre intelligence (entretien)

En quoi les travaux scientifiques sur les comportements des animaux sont-ils intéressants pour le philosophe ? L’accumulation d’observations nouvelles ne nous invite pas seulement à réévaluer les capacités réelles des animaux (la seiche ou le grillon tout autant que les grands singes) mais aussi à revoir nos conceptions de l’émotion, de la communication, de la transmission, de l’intelligence elle-même.

Entretien avec Dominique Lestel

Esprit – Vous parlez souvent d’une nouvelle révolution copernicienne : diverses études ont été réalisées sur des animaux, qui auraient radicalement changé notre vision du monde animal. Pouvez-vous nous expliquer quel type d’expériences a été mené et ce qu’elles ont révélé ?

Dominique Lestel – Dans les pays occidentaux, l’être humain a toujours été considéré comme le centre du monde et les animaux, eux, étaient perçus comme périphériques, en particulier parce qu’on ne leur prêtait pas de compétences cognitives ou spirituelles. Nous sommes aujourd’hui prêts à accepter un darwinisme romantique, c’est-à-dire à reconnaître que nous sommes nous-mêmes des grands singes – ce qui ne pose pas vraiment un problème aux intellectuels – mais à condition que subsiste une espèce de frontière fondamentale entre l’homme et l’animal. Nous sommes prêts à nous considérer comme des singes, mais nous voulons toujours être des singes spéciaux ! Ces vingt derni&eg

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