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Mafrouza, un documentaire d'Emmanuelle Demoris

août/sept. 2011

#Divers

De sa longue immersion dans un « bidonville » (en fait : un quartier précaire, où coexistent des niveaux de revenu très différents), situé à côté du port d’Alexandrie, Emmanuelle Demoris a ramené un très grand film, à la fois limpide, évident et très singulier.

Un monde de vie(s), d’abord. Le comique pur : lorsque les évocations romantico-sirupeuses d’Adel sont interrompues par l’arrivée de sa femme, voix ménagère et ironie fracassante ; ou lorsque l’épicier-imam raconte son hypocondrie. La poésie pure : lorsqu’au petit matin, après une nuit de fête, Stohi, le chanteur des mariages, déserteur et vaguement voyou, regarde avec son copain l’aube s’installer sur le boulevard désert d’Alexandrie. La tendresse à son plus haut, lorsque la femme gouailleuse d’Adel dit brusquement, sans préavis : « tu es le miel » à son frêle époux. L’émotion à pleurer, lorsque Stohi tourne dans ses mains, regard perdu, un pauvre chapeau de papier aux franges vertes et brillantes, cadeau de sa fiancée défunte.

Un art de l’attente

On n’en finirait pas d’énumére

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