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Dans le même numéro

L'émancipation technologique

mars/avril 2017

#Divers

Le mythe de Prométhée rapporté par Platon l’avait déjà dit et la paléoanthropologie contemporaine n’a fait que le confirmer : l’homme est celui à qui rien n’est donné et qui doit donc tout produire, y compris ses moyens de production. Avant d’être sapiens, Homo est faber, dépourvu pourtant de tout moyen de faire ; il se définit alors par la fabrication des organes qui ne lui sont pas innés : les outils.

La technique fonde ainsi le processus même de l’hominisation : l’animal naît avec des organes parfaitement adaptés à son biotope, qui l’intègrent totalement dans l’immanence naturelle, l’enferment dans un type unique de comportement et le condamnent à l’éternel retour du même. Parce qu’il fabrique ses propres outils, que ceux-ci sont amovibles, l’homme a la possibilité d’avoir tous les organes et d’en changer à volonté. Il a également la possibilité de les améliorer : la technique ouvre donc à l’homme l’espace de sa liberté et celle du progrès, et parce qu’il peut modifier son environnement et non pas simplement s’y adapter, il n’a jamais un simple biotope, mais un monde. Aussi la question de la technique n’est-elle rien de secondaire ou d’empirique : elle définit la position fondamentale de l’humanité au sein de la nature et ce qui fait de l’homme un « être-au-monde ».

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