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Relire l'Archipel du Goulag

janv./févr. 2019

On vient de commémorer le centième anniversaire de la naissance d’Alexandre Soljenitsyne, occasion de revisiter l’œuvre de cette grande figure et, au-delà, de ce que Georges Nivat a pu appeler, non sans raison, le «phénomène Soljenitsyne».

Malheureusement, la célébration de l’anniversaire a été largement « polluée » par une campagne de diffusion massive d’un discours présenté comme exprimant la quintessence de l’œuvre du grand dissident russe. On ne compte plus les articles qui l’ont mis en exergue ; pas un dossier consacré à ce centenaire qui n’en fasse l’apologie[1]. Et pour cause : Soljenitsyne y fustigeait la démocratie occidentale !

Rappelons l’occasion de ce discours. Après son expulsion, en 1974, ­Soljenitsyne s’est installé quelque temps en Suisse, à Zurich, avec sa famille, puis il s’est durablement établi aux États-Unis – jusqu’à la chute de l’Urss –, vivant quasiment en ermite dans les forêts du Vermont, qui lui rappelaient celles de son pays. Il s’y consacra entièrement, pendant vingt ans, à l’écriture de La Roue rouge.

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Yves Hamant

Professeur émérite d’études slaves à l’université Paris-Ouest-Nanterre, il est l’auteur de Après un régime d’oppression. Entre amnésie et catharsis (Presses universitaires de Paris-Ouest, 2012).

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.