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Notes de lecture

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Grand-messes musicales

mars 2022

Le dernier livre de Lionel Esparza, Le Génie des Modernes, explique le déclin de la musique savante à partir du xxe siècle par un processus de désacralisation progressive, couplé à la démystification du rôle du musicien dont on attend désormais qu’il se rende utile dans la société sécularisée.

Constater le déclin de l’écoute, voire de la pratique de la musique classique dans l’Occident d’aujourd’hui n’a rien d’original. En revanche, s’attacher, comme le fait Lionel Esparza, à comprendre les causes de ce dépérissement, les inscrire dans une vision historique et dans une perspective aussi bien spirituelle que sociologique, est utile. Le Génie des Modernes propose ainsi des prolégomènes à une action qui reste à définir.

Pour cela, Lionel Esparza choisit un point de départ qu’il qualifie de « signal alarmant » : le 23 mai 2013, le ministre de la Culture n’assistait pas aux obsèques du compositeur Henri Dutilleux. Il est un fait que la musique dite classique, cet art accusé d’élitisme1, à l’enseignement senti comme raide, subit aujourd’hui des coupes budgétaires marquées, un amenuisement des espaces dédiés dans la presse généralisée, sans compter que la disparition progressive des baby boomers risque d’entraîner celle des arts qu’ils ont portés et ce, malgré de nouveaux équipements comme la Philarmonie de Paris. Pourquoi ?

Esparza avance que l’époque où l’on apprenait la vie à l’opéra n’est plus. Au xxe siècle, c’est le cinéma qui prend en charge l’identification individuelle et le divertissement collectif. L’auteur se livre à un historique savant et informé de l’évolution du statut du musicien, qui le mène des salons

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Premières Loges, 2021
312 p. 21 €

Carole Desbarats

Pour avoir accompagné plusieurs générations d'étudiants à la Femis, Carole Desbarats s'intéresse à tous les aspects du cinéma, de son économie à son esthétique. Elle s'interroge aussi sur les responsabilités de la transmission, dans l'école et en dehors de l'école, notamment à travers l'association "Les Enfants du cinéma". Voir et comprendre le cinéma, ce n'est pas pour elle un exercice de…

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.