Les Nouvelles Migrations

Lieux, hommes, politiques


Dans le sillage de ses ouvrages précédents (la Globalisation humaine, la Question migratoire au xxie siècle), C. Wihtol de Wenden met l’accent sur les mutations qui accompagnent les nouvelles migrations planétaires. Celles-ci participent à l’univers liquide (référence est faite à Zygmunt Bauman) des flux globalisés de tous ordres, des flux qui sont économiques, matériels et immatériels. Mais les flux de population ne doivent pas être appréhendés en fonction du seul critère du nombre (les flux migratoires étaient plus importants en Europe à l’époque industrielle qu’aujourd’hui), ce que manifeste le fait que le Sud attire aujourd’hui presque autant de migrants que le Nord (le Sud est passé entre 2000 et 2012 de 75 à 114 millions de migrants). Ce constat invite à établir une carte des nouvelles routes migratoires, à distinguer les situations Sud-Nord, Sud-Sud, Nord-Nord et Nord-Sud, mais aussi à se pencher sur les nouveaux migrants (retraités, élites qualifiées…), et sur ce que l’auteur nomme des configurations migratoires inédites. L’ouvrage insiste enfin sur un paradoxe politique : alors même que les flux de population sont l’un des ressorts d’une mondialisation marquée par les mobilités, les États confrontés à des concurrences économiques inattendues répondent le plus souvent aux flux de migrants par le seul « blocage » de ceux-ci. D’où l’intérêt porté à la fin de l’ouvrage au Gmg (Geneva Migration Group). Mais peut-on répondre aux États et aux replis identitaires par le seul appel à des organisations internationales ?

O. M.

Ellipses, 2013
208 p. 18 €