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Réfugié afghan en Iran (photo EU/ECHO Pierre Prakash, 2013)
Réfugié afghan en Iran (photo EU/ECHO Pierre Prakash, 2013)
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Quel accueil pour les réfugiés Afghans ?

L’Afghanistan est le pays qui a produit le plus de réfugiés depuis 1979. Si la grande vague migratoire annoncée par les partis populistes européens n’aura sans doute pas lieu, il faut éviter que l’installation des réfugiés ne soit intégralement laissée à la discrétion de l'Iran ou du Pakistan, comme l’Europe l’a fait avec la Turquie en 2016.

Le 15 août 2021, les talibans sont entrés dans Kaboul, vingt ans après qu’une coalition internationale dirigée par les États-Unis les en avait chassés en 2001. On peut alors se demander ce qu’il va en être de ceux qui cherchent à quitter le pays, après le rapatriement des nationaux européens et américains, puisque le conflit est désormais, en principe, terminé.

Rappelons quelques faits : l’Afghanistan a d’abord été investi par les Anglais au xixe siècle, qui ont échoué, puis par les Soviétiques à partir de 1979, avant qu’ils ne mettent en garde les Américains en 2001, par la voix du général en chef, responsable de l’occupation du pays, de la très grande difficulté de gagner sur les talibans. Mais aller en Afghanistan signifiait pour les Américains venger le 11 septembre 2001 et poursuivre son artisan, Oussama Ben Laden. On sait depuis longtemps que la guerre en Afghanistan a été perdue par les Occidentaux et que le retrait des troupes américaines a accéléré le processus de reprise du pays par les talibans, galvanisés par leur départ. La population s’est déplacée par milliers vers la capitale, prise en étau entre l’armée afghane et les talibans, dans des conditions humanitaires désastreuses. Depuis le 14 août, une centaine de milliers de personnes ont quitté le sol afghan, rapatriés par les forces américaines vers leurs bases, à destination de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie et du Kosovo, ou par des vols européens.

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Catherine Wihtol de Wenden

Spécialiste des migrations internationales, directrice de recherche émérite au CNRS et enseignante à l'Institut d'études politiques de Paris (CERI, Sciences Po), elle a publié de nombreux ouvrages et mené de nombreuses enquêtes sur les flux migratoires, légaux et illégaux. Elle est notamment l'auteur de La question migratoire au XXIè siècle: migrants, réfugiés et relations internationales (Paris,…

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Internet en mal de démocratie

L’essor sans précédent d’Internet et des nouvelles technologies de l’information a transformé en profondeur le rapport des citoyens à la participation civique. Si elle a permis des progrès incontestables, cette révolution numérique pose également des défis pour la préservation du débat en démocratie. Le bouleversement introduit par le numérique dans la délibération publique semble en effet remettre en cause les exigences traditionnellement associées au débat démocratique, comme l’égalité d’accès, le contrôle public des instances de modération, la fiabilité de l’information ou le pluralisme des courants d’expression. Quelles stratégies adopter pour faire face aux dérives qui touchent aujourd’hui le débat sur Internet ? Le dossier, coordonné par Romain Badouard et Charles Girard, examine la propagation des fausses nouvelles, la mobilisation de nouveaux publics, les pouvoirs de régulations privés et la déstabilisation des cadres juridiques. À lire aussi dans ce numéro : le naufrage moral de l’Église, qui sont les talibans ?, gouverner la pandémie et une rencontre avec Pierre Bergounioux.