François, le pape vert
Parmi les innombrables ouvrages consacrés au pape François ou rassemblant ses interventions orales et écrites, on peut lire celui-ci, un livre collectif sur son encyclique Laudato Si’ et l’écologie (dont 100 000 exemplaires ont été vendus en France durant l’été 2015). L’homme en blanc y est célébré comme le pape vert par une dizaine d’auteurs (Jean Jouzel, Gaël Giraud, Nicolas Hulot, Guy Aurenche, Corine Pelluchon, Jean-Marie Pelt, Pierre Cannet, Mgr Marc Stenger, Odon Vallet…). La plupart – mais pas tous – sont connus comme catholiques. En fonction de leur spécialité et de leur compétence, ou de leurs responsabilités dans des Ong et d’autres lieux, ils décortiquent diverses facettes de l’encyclique, ses arrière-plans philosophiques et théologiques, ses options (y compris le choix des mots : François préfère parler d’« écologie intégrale » plutôt que d’« écologie humaine », expression de son prédécesseur Benoît XVI), son efficacité possible. Tous célèbrent sa nouveauté et son importance dans le contexte écologique mondial, dont toute personne sensée connaît l’urgence. La seule critique vraiment importante concerne la démographie : comme les papes avant lui, François ne touche pas au « dogme » de la non-limitation des naissances. Cette position a sa logique interne – mais en l’état actuel des choses, la surpopulation entre nécessairement en conflit avec la sauvegarde de l’environnement. Une absence, soulignée par Corine Pelluchon, est curieuse compte tenu du titre de l’encyclique, emprunté à François d’Assise : la cause des animaux, qui paient pourtant un lourd tribut à l’exploitation de la nature et à la consommation humaine sans limite.
J.-L. S.