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Le clos et l’ouvert. Abécédaire critique coordonné par Camille Riquier et Frédéric Worms

par

Collectif

juin 2018

#Divers

Capitalisme : Anselm Jappe - Cosmopolitisme : Michaël Fœssel - Curiosité : Marcel Hénaff - Droits de l’homme : Antoine Garapon - Ecole : Denis Kambouchner - Écologie : Lucile Schmid - Église : Ariadna Lewańska - Europe : Céline Spector – Europe (vue de l’Est) : Povilas Aleksandravičius – Exclusion : Paul Dumouchel  - Frontières : Astrid von Busekist – Guerre et paix : Frédéric Gros - Hospitalité : Yves Cusset - Internet : Emmanuel Alloa - Liberté d’expression : Vincent Delecroix - Mondialisation : Jean Vioulac - Open society : Anne-Lorraine Bujon - Religion : Olivier Roy - Universel : Elie During - Université : Alain Renaut

Capitalisme

Anselm Jappe

Le capitalisme a toujours aimé se présenter comme une forme d’«ouverture». Son discours regorge de métaphores sur l’ouvert. Il faut ouvrir de nouveaux marchés et désenclaver les derniers territoires pas encore suffisamment reliés aux centres capitalistes. On cherche des employés avec une mentalité ouverte, et il faut surtout éviter les réalités qui se renferment sur elles-mêmes. La révolution scientifique du xviie siècle, une des bases historiques du capitalisme, a été définie comme le passage du «monde clos à l’univers infini [1] », et le colonialisme a été décrit comme l’ouverture des Européens vers le reste du monde. Les villes ont abattu leurs murs, et les frontières, douanières et autres, ont été abolies peu à peu. Être ouvert aux nouveautés est la condition sine qua non pour participer à la société capitaliste, et l’autodéfinition préférée du capitalisme est celle de «soci

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