Critique, no 922


Dans ce numéro de mars 2024, Germana Berlantini réunit un dossier consacré au retour de l’écoféminisme. Thierry Hoquet montre que ce courant de pensée dénonce le « patriarcapitalisme » en conjuguant la lutte des classes et la guerre des sexes, proteste contre la « nécrocratie  », l’autorité des morts, et rêve de revenir au printemps du monde. G. Berlantini interroge la « perspective de subsistance » de l’école de Bielefeld dans les années 1970, réactualisée par les « alternatives rurales » de Geneviève Pruvost : cette nébuleuse place les activités de perpétuation de la vie au centre de la société. Jean-Baptiste Vuillerod relit La Mort de la nature (1980) de Carolyn Merchant, texte fondateur de l’écoféminisme, comme « un autre grand récit de la modernité ». Nathalie Grandjean étudie « la perspective de la proie » dans l’œuvre de Val Plumwood. Dans un entretien qui clôt le dossier, Émilie Hache dénonce les récupérations de l’écoféminisme par le capitalisme.