Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Economie du patrimoine culturel

juin 2012

#Divers

Dans le sillage des travaux de Françoise Choay sur l’inflation patrimoniale (l’Allégorie du patrimoine) et le flou de la notion (la quasi-totalité du budget du ministère de la Culture est désormais consacrée au patrimoine, dont l’architecture est considérée come une branche sur le plan administratif), Françoise Benhamou se penche en économiste sur la consommation patrimoniale (à savoir l’estimation de la valeur et du consentement à payer), sur les coûts de la conservation et des services patrimoniaux, et elle propose une critique des indicateurs d’attractivité culturelle et des politiques patrimoniales marquées par le benchmarking des villes touristiques. Mais ses analyses les plus originales portent sur le patrimoine immatériel (« un temps pensée comme une solution à la conservation de documents périssables, la numérisation montre ses limites… ») et sur la mondialisation patrimoniale alimentée par le label Unesco et la vente de marques qui font par exemple d’Abou Dhabi un « Louvre des sables ». Pour ne pas être vouée au bricolage ou au détournement, la politique patrimoniale doit être en interaction avec l’environnement économique et social et ne pas céder aux contraintes d’un tourisme de masse qui en révère d’autant plus la dynamique qu’il est déconnecté des populations et hors contexte.

O. M.

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
La Découverte, Repères, 2012
128 p. 10 €

Françoise Benhamou

Ses travaux sur l’économie de la culture donnent un regard aigu et très informé sur les secteurs de l’édition (voir notre numéro spécial « Malaise dans l’édition », juin 2003), du cinéma et du numérique. Cette connaissance des mécanismes économiques nourrit aussi son analyse critique de la politique culturelle française, en ce qui concerne aussi bien les musées, la démocratisation des publics que…