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Crise de l’archipel culturel

Le confinement a dévasté le monde de la culture, de façon différenciée, en amplifiant les mouvements de mondialisation, de montée de l’événementiel et de numérisation. Et la collection de mesures du gouvernement ne saurait dessiner une politique publique pour le sauver.

Théâtres, cinémas, salles de musique, monuments historiques et musées fermés durant de longs mois, puis ouverts à la condition d’appliquer de strictes conditions sanitaires ; festivals annulés ; artistes interdits de voyager, de travailler, de tourner, de répéter les spectacles à venir ; librairies n’offrant, dans le meilleur des cas, que la possibilité du click and collect : le confinement a constitué un moment singulier à plusieurs titres pour le monde culturel. Interdit de public, mais omniprésent sur les écrans, prêt à mettre à disposition toutes les images et captations d’œuvres qu’il conservait parfois jalousement, porteur de divertissement et d’éducation, ce dernier aura pu entrer comme par effraction dans les foyers, au risque de rompre avec le sacro-saint droit des auteurs. Mais cette explosion de la consommation de culture, dans une configuration nouvelle où seul le virtuel avait droit de cité, n’a donné lieu à aucune valorisation ; à rebours du discours tenu jusqu’alors, il fallait que tout fût gratuit, et les entreprises privées comme les institutions publiques ont offert des consommations culturelles dont la profusion a été impressionnante. Le paradoxe est que la place de la culture en temps de confinement a été comme magnifiée, que la créativité des auteurs a été à son comble, mais que tout cela n’a pas produit, lorsque des mesures d’accompagnement public ont été annoncées, de politique publique à la mesure du désastre subi.

On a pu aller d’un

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Françoise Benhamou

Ses travaux sur l’économie de la culture donnent un regard aigu et très informé sur les secteurs de l’édition (voir notre numéro spécial « Malaise dans l’édition », juin 2003), du cinéma et du numérique. Cette connaissance des mécanismes économiques nourrit aussi son analyse critique de la politique culturelle française, en ce qui concerne aussi bien les musées, la démocratisation des publics que…

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Selon ce dossier coordonné par Carole Desbarats et Emmanuel Laurentin, les institutions culturelles sont confrontées depuis quelques temps à des enjeux que l’épidémie de coronavirus a rendus plus aigus encore. Alors même que le confinement a suscité une forte demande de culture, beaucoup de ces institutions sont aujourd’hui face à un tournant. À lire aussi dans ce numéro : Trump contre l’Amérique, des élections par temps de pandémie et des jeunes sans bercail.