Notes de lecture

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Dans la tête de Bachar al-Assad, de Subhi Adidi, Ziad Majed et Farouk Mardam-Bey

janv./févr. 2019

#Divers

Bachar al-Assad n’a pas grand-chose dans la tête et ce qu’il a, il le tient de son père Hafez : «Assad pour l’éternité». L’ouvrage revient avec érudition et clarté sur la mise en place d’un régime de barbarie, après le coup d’État de 1970, dans lequel la famille, la secte et le clan assurent le maintien des Assad au pouvoir. Les sources intellectuelles (la doctrine alaouite, le nationalisme panarabe, le baathisme) ne servent qu’à endoctriner la population et à promouvoir le culte de la personnalité. La fabrication de l’image de Bachar, appuyée sur le modernisme, l’anti-­impérialisme et la laïcité, est employée à cacher le clientélisme, les répressions et massacres des populations civiles, et à s’assurer des soutiens étrangers. Dans «le royaume de la peur», le soulèvement de 2011 a donné lieu à la plus brutale des répressions, puis à une «guerre totale contre la société» : elles ­s’expliquent par le sentiment du régime de livrer «une bataille existentielle» pour défendre la «propriété privée» du clan. Pour les auteurs de l’ouvrage, peu importe l’évolution du conflit, tant qu’Assad se maintiendra au pouvoir, «la mort sous la torture pratiquée à l’échelle industrielle», les viols et les sièges, les déportations de populations, pillages et confiscations de biens, et l’usage des armes chimiques resteront «son moyen ­d’affirmer son pouvoir illimité» et son impunité.

 

Actes Sud, 2018
208 p. 18 €

Jonathan Chalier

Secrétaire de rédaction de la revue Esprit, chargé de cours de philosophie à l'École polytechnique et à l'Institut catholique de Paris.

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.