Notes de lecture

Dans le même numéro

Prismes. Théorie critique, volume 1

juin 2018

#Divers

Le premier volume de la revue Prismes. Théorie critique, publiée aux éditions Sens & Tonka, présente le projet de Miguel Abensour, disparu en avril 2017, «d’appréhender le monde à travers le ou les prismes de la théorie critique». Dans son article sur « La radicalité contre le progressisme », il définit la radicalité comme le fait de «pousser l’examen jusqu’aux racines». Selon l’auteur, il faut détruire les mythes de la Raison et du Progrès pour saisir la modernité comme une «dialectique de l’émancipation», inspirée de Theodor Adorno. Les diverses contributions s’inscrivent dans ce sillage. Katia Genel étudie ainsi «les logiques ambivalentes de l’émancipation», tandis que Michèle Cohen-Halimi se demande ce qu’est un fasciste à partir du concept de «personnalité autoritaire» et que Géraldine Muhlmann critique «le culte du sacré» dans la philosophie contemporaine, jouant «la dialectique infernale» de Freud contre la réduction de l’histoire à la religion par René Girard. Un montage d’extraits d’Ida Mett sur la Commune de Cronstadt permet de rappeler combien cette révolte de marins et de soldats entendait délivrer la révolution communiste de la dictature du Parti, avant d’être écrasée dans le sang. À l’enterrement de M. Abensour, M. Cohen-Halimi rappelait cette formule de Saint-Just : «L’héroïsme de la liberté n’a pas de modèle.»

Sens&Tonka, 2018
296 p. 14 €