Notes de lecture

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Compromis baltes

juin 2021

Yves Plasseraud fait paraître une vaste étude consacrée aux « pays baltiques ». On y trouve analysés et mis en perspective leur histoire, progressivement déprise de l’héritage soviétique, leurs évolutions depuis les indépendances des années 1990 et l’entrée dans l’Union européenne en 2004, ainsi que les enjeux démographiques et identitaires qu’ils rencontrent, notamment avec leurs importantes minorités russophones.

La précédente édition du livre d’Yves Plasseraud sur Les Pays baltiques constituait une contribution très complète et très utile à la connaissance de cette région, peu étudiée et peu comprise en France, comme le montrent de nombreux commentaires, dans la presse ou les débats politiques français. Jean-Luc Mélenchon déclarait par exemple en 2005 que les Baltes n’étaient pas des Européens, les armées romaines n’ayant jamais poussé jusqu’à leurs frontières. La nouvelle version de cet ouvrage, entièrement refondue et augmentée, constitue un véritable opus magnum, qui restera une référence.

L’étude présente l’histoire des nombreux peuples – dont certains sont démographiquement très réduits – qui se sont installés au fil des siècles sur les rives orientales de la mer Baltique, depuis la plus haute Antiquité jusqu’à nos jours, et que les historiens commencent à peine à redécouvrir depuis l’indépendance des pays baltes dans les années 1989 à 1991.

Précisons d’emblée qu’il s’agit ici de la seconde indépendance, qui fait suite à celle des années 1919 &agrav

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Armeline, 2020
528 p. 25 €

Joseph Krulic

Ancien élève de l’école normale de Saint-Cloud, et de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, agrégé d’histoire, ancien élève de l’École Nationale d’Administration (ENA), Joseph Krulic a mené une carrière de magistrat administratif, notamment spécialisé en droit des étrangers et d’asile. Il est l’auteur de nombreuses publications sur l’histoire de la Yougoslavie et de l’espace…

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.