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Notes de lecture

LA VILLE QUI VIENT

novembre 2008

#Divers

Philosophe et anthropologue (spécialiste de l’œuvre de Claude Lévi-Strauss), Marcel Hénaff est l’auteur d’un remarquable ouvrage, le Prix de la vérité. Le don, l’argent, la philosophie (Paris, Le Seuil, 2002). Il s’intéresse aussi à la longue durée de la ville ou plus exactement à la société urbai­ne, qui repose sur l’espace public. Elle se trouve peut-être à un croisement, avec l’actuel déploiement des nouvelles technologies de l’information et des télécommunications qui soignent davantage les flux que les lieux et déterritorialisent non seulement les activités des humains, mais ce qui les fondait. D’où cette enquête historique, mythologique, technique sur plusieurs millénaires, brassant des informations produites par diverses disciplines. L’urbain qui submerge les villes annonce-t-il leur mort ? Marcel Hénaff ne le pense pas, au terme d’une réflexion bien documentée et allégrement rédigée, mais ce n’est pas une raison pour demeurer inactifs, comme si nous ne pouvions agir sur les mouvements d’urbanisation plus ou moins combinés à ceux de la globalisation de l’économie et à ceux de la communication généralisée et planétaire. « Il importe donc, écrit-il en conclusion, plus que jamais, de repenser l’urbanisme et l’architecture ; de se redemander quel sens donner à l’espace construit pour pouvoir articuler de manière non seulement sensée mais sensible les fonctions sociales et les formes architecturales dans la ville d’aujourd’hui, c’est-à-dire dans un espace de moins en moins dépendant de la présence immédiate des corps, où pourtant les corps existent, sentent, non moins qu’au temps des anciennes cités sumériennes, grecques, inca, indiennes ou romaines, mais doivent l’exprimer autrement. Comment penser l’espace construit pour rendre possible la vie commune et le penser comme espace public à l’âge de l’information ? Tel est le défi. »

T. P.

L’Hern, 2008
240 p. 9,50 €