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Notes de lecture

Dans le même numéro

Des profondeurs de nos cavernes de Philippe Grosos

juin 2022

« Des cavernes, les philosophes ne connaîtraient-ils que celle dont Platon a naguère parlé ? » s’étonne Philippe Grosos. Plutôt qu’à sortir d’une caverne allégorique, celui-ci nous invite à investir les souterrains obscurs que nos ancêtres ont arpentés il y a des dizaines de milliers d’années. Comme le notaient dès 1906 les illustres préhistoriens Émile Cartailhac et l’abbé Henri Breuil, « des profondeurs de nos cavernes ornées sort vraiment un chapitre de l’histoire de l’esprit humain ». S’il y a donc là pour le philosophe un véritable trésor, le tour de force du livre consiste en un radical renversement de perspective : il ne s’agit pas seulement de porter un regard philosophique sur la préhistoire, mais de regarder la philosophie depuis la préhistoire, pour en retracer les conditions de possibilité. Dès lors, sa naissance dans l’Antiquité grecque n’apparaît plus comme le fondement ancien de notre civilisation, mais comme l’achèvement tardif d’un processus engagé depuis des millénaires.

Mais comment voir clair dans ces cavernes dont l’archéologie préhistorique, en dépit de ses spectaculaires progrès, est loin d’avoir révélé les secrets ? Pour explorer ce terrain aussi prometteur que périlleux, Philippe Grosos s’appuie sur la méthode philosophique, qui consiste à se tracer un chemin au moyen de concepts, en l’occurrence le « participatif  » et le « présentiel

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Éditions du Cerf, 2021
324 p. 24 €

Mathilde Lequin

Mathilde Lequin est chargée de recherche au CNRS. Philosophe, spécialiste d’épistémologie de la paléoanthropologie, elle étudie les critères d’interprétation des fossiles et les critères de définition de l’humain à ses différents niveaux taxinomiques.

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La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.