Bureaucratie, encre, paperasse et tentacules, de René Ten Bos


C’est un vaste sujet auquel s’attaque le philosophe néerlandais René Ten Bos, qui voit en la bureaucratie un de ces «  hyperobjets  » théorisés par Timothy Morton : un objet si large qu’on ne peut l’apercevoir. Ils sont l’occasion de vives attaques du philosophe contre les absurdités quotidiennes que sont les notes, rapports, formulaires et courriels en chaîne. En ­s’appuyant sur des références artistiques et théoriques, Ten Bos relit notre époque et donne l’occasion d’un recul. Il fait l’inverse de ce qu’il dénonce : il déroute en rompant la linéarité. Sa charge contre les bureaucrates, qu’il qualifie de «  chieurs d’encre  », est lourde, mais il vise un esprit étriqué et sans vision, là où l’homme serait «  par essence créatif, singulier, unique  ». Tout le monde se plaint de l’importance grandissante des tâches administratives, mais tout le monde continue à les accomplir, souvent sans se rendre compte qu’elles en sont.

Le Pommier, Manifestes, 2017
240 p. 23 €