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Relationner. Une attention à la communauté

Le néologisme « relationner » désigne des formes contemporaines du lien qui débordent le cadre du couple et du mariage. En analysant la pluralité des attachements affectifs, ce texte fait de la relation une catégorie centrale pour penser les transformations de l’amour et les conditions d’une nouvelle forme de communauté.


Le terme de relation figure dans le langage contemporain de l’amour jusqu’au néologisme relationner, souvent utilisé chez les jeunes et dans les pratiques amoureuses sans couple établi. Le terme reste flou sur la nature des rapports et dit beaucoup de nos évolutions affectives. Dans les années 1990, de nombreux travaux de sociologie ont observé le passage de l’institution du mariage à des parcours relationnels marqués par le choix et le changement, formant des liens affectifs multiples, pluriels et fluides1, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont simples et faciles. Mais quand un parent forme ce que l’on nomme une famille monoparentale ou une famille recomposée au fil des séparations et des choix, de la décohabitation ou de nouveaux foyers, il entretient des rapports avec un autre parent, ses amis, le reste de sa famille. Quand une personne n’est pas en couple, ou même quand elle l’est, elle peut entretenir des liens affectifs, voire amoureux avec d’autres personnes, sans que la vie à deux ne soit l’objectif de ces liens.

La solitude, également, apparaît de plus en plus comme un mode de vie, ou du moins une période intercalaire de nos parcours de vie. La vie amoureuse est-elle plus difficile ? Est-elle plus rare, comme on l’entend à propos des jeunes, cette catégorie floue et souvent rhétorique ? Les disparités des âges et des milieux mènent certains à « se caser » plus tard – avoir un enfant ou un toit partagé – sans abandonner pour autant le couple comme horizon normatif2. Sans que l’affect ne disparaisse, loin de là, mais il s’institutionnalise différemment. Le couple marié formant un foyer clos n’est plus la seule manière normée d’être ensemble, à côté d’amitiés lointaines et de rapports professionnels froids. L’anthropologie observe même un démembrement des fonctions de parentalité, de conjugalité, de cohabitation, de sexualité, d’affectivité dans différentes relations3.

Mais peut-être que l’amour est un idéal de plus en plus difficile à atteindre à un moment où l’on attend de chacun d’être autonome, à la fois matériellement et émotionnellement. Obtenir à la fois l’amour sincère, la relation parfaite et le foyer stable – sans parler d’une parentalité épanouie – est l’envers pesant d’un individualisme en réalité très social. Pour répondre à cet enjeu central, celui d’attentes normatives serrées, il faut peut-être regarder ailleurs. Radicaliser la relation dont on parle avec évidence. Si l’on pousse les évolutions récentes vers les expériences en marge, qu’apprend-on sur les manières de nous lier ? On peut même détourner le langage amoureux contemporain de son axe. J’ai été amoureux et maintenant, je relationne : largement absente des programmes et des discours politiques, l’idée transforme le sentiment amoureux autant qu’elle promet de transformer le monde.

De la relation aux amours plurielles

J’ai longtemps eu l’amour fou mais l’amitié fidèle, comme deux mondes mal accrochés. Des jours à se lamenter de la perte ou à rêver de l’idée de l’autre, un romantisme éminemment genré – la passion se conjugue différemment au masculin et au féminin, jusqu’à une forme particulière de folie qu’analysait bien Nelly Arcan, prise dans la crainte de perdre l’autre, de le séduire et de s’y oublier4. D’un côté, il y a la domination possible dans l’attachement. D’un autre, quelque chose dans l’amour qui dépasse la relation, ce que Clément Rosset montre bien avec la joie : à partir d’un objet particulier, la joie dépasse ses causes pour devenir cette approbation universelle de toute existence, ce mécanisme totalitaire qui recouvre tout et prend pour chaque être son semblable à aimer5. La joie débordante qui s’exprime dans l’amour se confronte alors aux raisons toujours dépassées d’aimer. C’est le tragique du sentiment amoureux que de risquer de se perdre et d’effacer la relation à venir.

Lorsque je vivais l’amour fou, je flottais encore dans des émotions vives sans toujours les comprendre. Souvent je fuyais, surtout après les débuts intenses, face à l’incertitude et au dévoilement intime du couple. On flottait parfois à deux, mais l’alignement émotionnel est plus rare que la communauté d’intérêts lorsque l’on ne vise pas l’institution matérielle du couple. Cet intérêt économique ne suffit d’ailleurs plus à rapprocher aujourd’hui, quand bien même le choix est marqué par les positions, les milieux et les récits sociaux. Mais à l’âge du post-mariage, la communauté affective teste quotidiennement ce que l’on gagne à mettre en partage ou au contraire à être autonome. C’est dans cette dissociation contemporaine que j’ai éprouvé petit à petit un changement profond en moi. Avec les rencontres, les échecs et l’apprentissage, la conscience aiguë qu’il y avait quelque chose de bien plus important dans l’amour, et ce n’est ni soi ni l’autre, mais ce qui se joue ensemble. Ce que je cherchais dans l’amitié – la confiance, se voir dans le regard de l’autre, se comprendre de mieux en mieux – me paraissait plus fertile que le modèle d’une vie à deux.

Comme l’état flou de « situationship » – ni célibat, ni couple – dans le vocabulaire contemporain, relationner peut aussi masquer l’évitement des sentiments, les siens comme ceux de l’autre, et le manque de communication. Ou maintenir ce qui ne marche pas par la seule force amoureuse, dans un magnétisme sans distance. Or, dans une éthique de l’amour comme l’a popularisée bell hooks, la relation est au contraire un processus d’apprentissage de valeurs comme la confiance, le respect, la responsabilité et le soin6. Le sentiment devient relation. Mais cet engagement dans une vie consciente semble presque inatteignable tant une telle compréhension réciproque est rare, en exigeant un amour de soi difficile à trouver – bell hooks puise, elle, dans une grande énergie spirituelle. Il est sans doute plus simple de se donner à la passion sans respect de soi ou de l’autre, de s’en tenir à une pratique sexuelle sans amour ou à des relations sans lendemain.

Comment construire sans dominer ni s’oublier ? J’ai souvent regardé ailleurs, d’abord en pratique puis en réfléchissant à ce que sortir du couple pouvait vouloir dire et nous apprendre. Une manière de défaire les scripts du couple est évidemment l’amour libre. Le refus de l’institutionnalisation et d’une hiérarchie entre les relations sauve alors une part de la folie propre au sentiment amoureux. Chez Emma Goldman à la fin du xxe siècle, la dénonciation du mariage allait avec une joie vitale de la libération et de l’équité, avec une acceptation du désir que le puritanisme d’alors masquait mal7. L’anarchiste s’opposait autant à l’individualisme qu’aux intérêts socio-économiques du couple marié, de la même manière que l’utopiste Charles Fourrier et tout un courant libertaire et socialiste à sa suite, dans l’idée de développer l’égalité et le souci réciproque de l’autre dans des modes de vie à plus de deux, y compris sur un plan amoureux, pour faire advenir des sociétés plus libres.

Si cette liberté ne s’inscrit pas d’emblée dans une société utopique, elle est aussi une éthique que l’on peut entendre formulée comme une anarchie relationnelle depuis les années 1990, dans une communauté appuyée sur des blogs et la diffusion de l’ouvrage The Ethical Slut8. Ses autrices abordent une liberté amoureuse basée sur le consentement et l’honnêteté, tout en cherchant à préserver le désir. L’ouvrage est ouvertement tourné vers les relations sexuelles, posant la question de leur centralité dans les rapports amoureux. Aujourd’hui, avec les rencontres en ligne, quelque part entre l’amour idéal et le plaisir sans lendemain, s’ouvrent des « écosystèmes9 » relationnels marqués par la diversité. Si le couple n’est pas la seule finalité de la rencontre, vivre la relation se conjugue au pluriel.

Faire communauté autrement

Mais sortir de la jalousie amoureuse ne veut pas dire abandonner les relations solides pour l’éphémère ou l’oubli, au contraire. Dans ce qui est devenu un milieu de l’amour libre, doté de son propre vocabulaire, la compersion est cette joie que l’on éprouve quand l’autre la ressent aussi, serait-ce avec une autre personne. L’amour est alors une force qui grandit à mesure qu’il se multiplie et gagne les autres. La joie et la fidélité peuvent se construire dans une relation plus qu’une autre, mais l’idée est qu’il ne s’agit plus d’une ressource rare. Rares mais de plus en plus visibles, les pratiques non monogames et non exclusives du polyamour témoignent d’un mouvement d’institutionnalisation du désir pluriel, jusqu’à parfois atteindre une grande sophistication10. On entend parler depuis quelques années de la mise en forme juridique de liens pluriels, amicaux, de concubinage ou de cohabitation, de nouvelles formes de parentalité également, comme une extension du domaine du couple hors de son statut marital ou pacsé, vers de nouvelles formes de contrat, par nature adapté à la diversité11.

La terminologie de ces milieux suggère que l’on peut multiplier un amour « directionnel, personnel ou privé », selon un autre récit de la romance qui n’envisage pas le désir dans ce qu’il a de plus organique12, ou la puissance révolutionnaire qu’y voyait Goldman. L’éthique est certes le moyen de réguler des liens multiples qui ne sont plus rythmés par des codes sociaux aussi serrés que ceux du mariage – la mise en commun traditionnelle –, mais elle engendre un poids que chacun peut ressentir à mesure que l’on sort des schémas dessinés à l’avance. Avec la communication vient l’idée que pour écouter l’autre, il faut s’écouter soi, ce qui peut volontiers enfermer dans un repli égotique – comme le face-à-face de la relation client et de la communauté d’usagers numériques dans le langage du capitalisme tardif.

La relation se situe précisément entre l’individu et la société et c’est là sa force intime et politique. Si elle distingue toujours les types de relations, bell hooks voit dans le lien amical la régénération de la relation amoureuse qui ne saurait être spéciale et enfermer, y compris dans la violence. Son amour s’inscrit contre les dominations racistes et genrées, tout en plaçant très haut l’amour de soi – et donc une responsabilité individuelle dans laquelle on peut aussi voir un don réciproque, une méthode de l’entraide. Ce n’est pas un hasard si la politisation qu’évoque l’autrice l’amène à la communauté, celle de petites villes où les habitants protègent ce qu’ils aiment, des communautés qui dépassent le seul couple ou la famille « nucléaire », où les rôles sont toujours hiérarchisés, des communautés où apprendre à aimer13.

bell hooks voit dans le lien amical la régénération de la relation amoureuse qui ne saurait être spéciale et enfermer, y compris dans la violence.

Comme forme autre de rassemblement des liens, les expérimentations de modes de vie radicaux et alternatifs nous apprennent beaucoup d’une micro-politique du soin qui puise dans l’amour. Geneviève Pruvost a montré comment la maisonnée permettait de comprendre des communautés de vie et de subsistance mieux que la parenté, le couple et les rapports anonymes de la société industrielle, dans un ensemble de pratiques historiques qui réapparaissent dans les campagnes14. Ce sont les relations de proximité et des attachements forts qui font advenir une communauté de vie15. La relation qui n’est plus envisagée comme une seule pratique amoureuse spéciale et singulière, semblable à une division des tâches, devient la matrice d’un lien social et politique. On reconnaît alors la vulnérabilité comme base de l’existence intime et sociale. On reconstruit un ancrage dans le monde par l’attention ou le « concernement16 » au sein d’un milieu vivant.

Dans un espace politique marqué par la conflictualité, à l’ère où l’on prend conscience de la guerre, de la pandémie et de la destruction du vivant dans de grands systèmes interconnectés, la relation est un horizon réaliste et pratique. Certes, sa forme amoureuse plurielle n’est pas pour tout le monde. Mais notre diversité relationnelle devient universelle, ne serait-ce que par l’amitié en dehors du couple et des changements amoureux. À partir de ces pratiques, on peut construire des liens interpersonnels forts et refaire ainsi les rapports professionnels, familiaux, administratifs. Rêver d’une architecture sociale reposant sur le respect, contre l’éloignement paradoxal des institutions et du système économique dans des sociétés marquées par des liens distendus. On peut apprendre à envisager des communautés de soin où (ré)apprendre à aimer le monde malgré sa violence, malgré les rapports de pouvoir que le récit amoureux ne peut plus justifier. Nos attachements reconstituent des unités de base de la vie en commun et l’amour reterritorialise nos existences sociales.

Des politiques de l’amour et de la différence

Dans les modes de vie un peu marginaux, avec d’autres en quête d’une radicalité qui donne sens à la vie, on se retrouve vite à interroger l’existence à plusieurs, dans ce mouvement d’intensification et de pluralisation des liens sociaux qui crée des interdépendances et des solitudes symétriquement immenses. On est à la fois très seuls et tous ensemble, tout le temps et dans une durée et un espace qui se fragmentent. Mais notre conscience du monde ingère quotidiennement la pluralité de ce qui nous entoure. Au risque d’être déliés ou définis par de grandes totalités abstraites, alors que notre ancrage dans le monde n’est plus structuré par les valeurs traditionnelles, la téléologie du mariage ou la clôture du foyer. Face au monde immense, il est tentant de se replier sur un quotidien proche ou de former des attachements à hauteur des milieux de vie. Tous ne font pas monde de la même manière, entre les communautés situées dans le quartier ou le village, des groupes comme la famille et les amis, ou celles formées sur des reconnaissances de genre, de race ou de neuroatypie, que l’on trouve en ligne, dans les liens personnels ou dans l’autogestion d’un lieu. Tout comme on a besoin d’aimer, on a besoin de groupes qui prennent conscience de leur destin commun. Pour les personnes abîmées, minorisées, invisibilisées, c’est une manière de retrouver la valeur intrinsèque de la vie.

Mais cette puissance politique de l’amour reste ambiguë : l’affect est l’une des modalités d’adhésion ou de rejet des visions du monde, ce qui n’amène pas forcément à refaire du commun. Les rapports privés ou la radicalité des petits groupes peuvent nourrir un pessimisme social. La question de la relation est encore cruciale lorsque la communauté – par exemple nationale – est trop vaste ou structurée par la conflictualité qui oppose amis et ennemis. Penser la politique à hauteur de relation pose alors un problème qu’Iris Marion Young a formulé dans un texte de 198617. La philosophe dénonçait un idéal de la communauté où les relations face à face sont jugées plus authentiques, chez les conservateurs comme les militants et les théoriciens critiques des rapports de domination. Des communautés de semblables où la différence s’efface dans l’illusion d’un sujet individuel qui se connaîtrait lui-même puis à deux et à quelques-uns, comme des subjectivités placées côte à côte. Young proposait au contraire la ville comme base d’une politique de la différence, où les inconnus, les étrangers et des groupes et des expériences diverses se mêlent, ce que l’on ne peut jamais connaître et comprendre totalement.

Certes, la surprise au tournant de la rue déjoue l’enfermement intime et envisage des espaces communs qui ne reposent pas seulement sur la recherche du semblable et du stable. La recherche de la communauté locale et affective peut nous enfermer dans des cercles de proches, dans l’identification de caractéristiques communes, de ceux que l’on aime et avec qui l’on partage des valeurs ou une position sociale. Mais c’est ici que la relation ouvre vers la communauté. Avec les relations plurielles et non hiérarchisées, j’ai appris l’instabilité propre à toute rencontre ; et ce qui m’ancre et me justifie dans ces liens proches, c’est l’idée d’apprendre ensemble le respect et la compréhension mutuels, non de venir à l’autre comme une personne finie face à soi, préexistante à ce qui nous lie. Je relationne et je fais entrer le monde dans mon amour, mais j’accepte une différence irrésolvable, qui constitue le défi de toute vie en commun.

Ce sont des identités qui ne sont pas figées ou seulement dispersées, mais des identités relationnelles qui construisent de nouvelles narrations de l’amour. Dans l’amitié au sens le plus large d’où l’on peut régénérer tous nos liens, on apprend l’altérité et l’incertitude, qui sont des valeurs essentielles pour éprouver la démocratie à venir18. En formant des liens de confiance qui reposent sur l’intime et en s’attachant à la relation plutôt qu’à l’identité prédéfinie19, on peut penser le politique hors des grands récits et des idéologies qui enferment la pluralité dans des illusions, les préjugés, le trop stable et le repli égotique. Il faut sans doute croire à l’incertitude pour construire quelque chose de plus stable : quand on doute, c’est par le proche que l’on peut viser autre chose ensemble. La force de l’amour est de ne pas nous disperser dans un tout pluriel et sans consistance. On peut ainsi se méfier des communautés d’identification tout en prêtant une grande attention à la puissance révolutionnaire de communautés aimantes où l’on est attentif à la qualité des liens, où l’on crée des manières d’être dans une forme de présence à l’autre et à soi.

Refaire la vie en reconstruisant un monde vivable, des « nous » puissants mais respectueux des expériences singulières, les personnalistes du siècle dernier y pensaient déjà. Pour faire advenir un monde de personnes, il faut reconnaître qu’« être, c’est aimer », dans le don, la compréhension et la valeur d’autrui prise comme une personne20. Tout en se méfiant de la totalité des communistes et des fascistes, de l’individu comme de la société et du « nous » violent des partisans, Emmanuel Mounier dénonçait la « mystique du proche et du petit » et les « sociétés à hauteur d’homme » ; mais il reconnaissait la force de ces liens, le point de départ d’un engagement pour l’autre, dans la fidélité et la durée, tel qu’il s’exprime dans l’amitié et l’amour21. En radicalisant l’éthique sur laquelle repose la relation, on peut alors poser la question politique à hauteur de l’amour : où l’amour n’est pas un sentiment fou ni restreint à un type de relation rythmé par des codes sociaux impersonnels, mais où il est plutôt l’apprentissage de l’altérité dans un engagement fort et ancré.

  • 1. Sur la pluralisation des relations affectives, voir les actes du colloque organisé par l’Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice (IERDJ), « Transformations des relations familiales et impacts sur les évolutions du droit », mai 2025. Dans son ouvrage Le Démariage. Justice et vie privée (Odile Jacob, 1993), la sociologue Irène Théry a montré comment l’institution du mariage était plutôt devenue un couple-duo fondé sur la conversation.
  • 2. Voir Emmanuelle Santelli, « Profiter de sa jeunesse avant de se caser. Entre injonction normative, variation sociale et effet de genre », Agora débats/jeunesses, vol. 83, no 3, 2019, p. 25-42.
  • 3. Voir Pierre-Yves Wauthier, Faire famille sans faire couple. Comprendre l’hétérogénéisation des parcours familiaux, Lausanne, Peter Lang, coll. « Population, famille et société », 2022.
  • 4. Voir Nelly Arcan, Folle, Paris, Seuil, 2004.
  • 5. Voir Clément Rosset, La Force majeure, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Critique », 1983.
  • 6. Voir bell hooks, À propos d’amour, trad. Alex Taillard et Florence Zheng, Quimperlé, Divergences, 2022.
  • 7. Voir Emma Goldman, Lettres à l’amant. Et autres textes sur la difficulté d’aimer, de faire l’amour et d’être libre, textes choisis, trad. et préface par Léa Gauthier, Paris, Payot, 2024.
  • 8. Voir Dossie Easton et Catherine A. Liszt, The Ethical Slut: A Guide to Infinite Sexual Possibilities, San Francisco, Greenery Press, 1997.
  • 9. Richard Mémeteau, Sex friends. Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique, Paris, La Découverte, 2019, p. 123.
  • 10. Voir les schémas relationnels étudiés par P.-Y. Wauthier, dans Faire famille sans faire couple, op. cit.
  • 11. Voir Daniel Borillo, La Famille par contrat. La construction politique de l’alliance et de la parenté, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Génération libre », Paris, 2018.
  • 12. Voir la poésie de Léa Rivière, L’Odeur des pierres mouillées, Rennes, Éditions du commun, 2023, p. 63, qui s’intéresse, dans une perspective transgenre, à une identité relationnelle et narrative, à un « amour municipal ».
  • 13. Voir bell hooks, À propos d’amour, op. cit., p. 116 et 141 et suivantes.
  • 14. Voir Geneviève Pruvost, Quotidien politique. Féminisme, écologie et subsistance, Paris, La Découverte, 2021.
  • 15. Geneviève Pruvost tire de John Dewey « une conception relationnelle de la diffusion de l’esprit démocratique » au sein d’une communauté locale « de face à face », ibid., p. 210 et suivantes.
  • 16. Ibid., p. 210.
  • 17. Voir Iris Marion Young, “The ideal of community and the politics of difference”, Social theory and practice, vol. 12, no 1, 1986, p. 1-26.
  • 18. Jacques Derrida envisageait une politique de l’amitié comme exercice de l’altérité et ouverture radicale à la différence plutôt que du semblable et du même. Voir J. Derrida, Politiques de l’amitié, Paris, Galilée, 1994.
  • 19. Au-delà de l’amour, Édouard Glissant a dessiné une Poétique de la relation. Poétique III, Paris, Gallimard, 1990.
  • 20. Voir Emmanuel Mounier, Le Personnalisme [1949], Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quatridge », 1992, p. 40 et suivantes.
  • 21. Ibid. Voir aussi E. Mounier, « Révolution communautaire », Esprit, janvier 1935, p. 548-580. Sa méfiance pour la vie privée « bourgeoise » ne l’empêche pas de considérer les communautés qui s’apprennent « dans chaque relation prochaine », au lieu du groupe, de la « société économique » ou du contrat. Il pense la communauté comme une unité et une harmonie, où la communion prévaut sur la communication, même s’il la situe à partir de l’amour, de la famille ou des amis.