Le djihad et la mort


Cet essai clair et informé se penche sur la quête délibérée de la mort par les jeunes terroristes. S’appuyant sur la biographie des terroristes, il propose un profil type du terroriste : enfant d’immigrés plutôt bien intégré, il commet des actes de petite délinquance, se radicalise en prison avant de commettre un attentat où il trouve la mort. La surreprésentation des fratries souligne la dimension générationnelle de la radicalisation. Ces radicaux ne font aucune référence à la période coloniale, à la lutte du peuple palestinien ou à quelque contexte historique, si ce n’est au temps zéro du Prophète. Leur religion est cousue de toutes pièces, à l’image de celle des convertis et des salafistes, hors de toute transmission par les parents ou la communauté : une religion déculturée par l’immigration, la mondialisation et la sécularisation. De ce point de vue, les jeunes qui s’engagent pour Daech sont proches des tueurs de masse et des personnes qui rejoignent les sectes millénaristes et suicidaires : ils partagent la même violence nihiliste.

J. C.

Seuil, 2016
200 p. 16 €