Notes de lecture

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Philosophie des pornographes de Colas Duflo

mai 2019

On connaît deux libertinages, le libertinage de corps (ou de mœurs) et le libertinage d’esprit (ou de créance). Il faut y ajouter un troisième : le libertinage de plume (ou de fiction), qui conduit écrivains, artistes, philo­sophes, à représenter la scène du plaisir, à en forger l’image, à disserter passionnément. Lequel se nourrit des deux autres ? Lequel s’expose davantage dans la sorte de fuite en avant que le siècle condamne sous le nom de dérèglement ?

Une présomption de culpabilité pèse sur les trois ordres. Solidaires, complices, ils s’encouragent mutuellement, ils marchent de concert. Bayle y insiste : les chemins de l’hérésie sont les chemins de la débauche. Illuminés, athéistes, schismatiques, indifférents : «Si quelque chose est capable de les démasquer, c’est la relation au plaisir vénérien.» Une mauvaise lecture aura joué son rôle. La littérature clandestine s’en fait gloire. Les romanciers le savent mieux que personne.

Les portes de la bibliothèque, du cabinet, du réduit sont closes. La nuit porte à voir clair. Un air de liberté les fait frissonner. Impatients de sang-froid. Flegmatiques avec fougue. Et

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Seuil, 2019
312 p. 23 €

Patrick Wald Lasowski

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Loin d’être neutres, les entreprises technologiques de la Silicon Valley portent un véritable projet politique. Pour les auteurs de ce dossier, coordonné par Emmanuel Alloa et Jean-Baptiste Soufron, il consiste en une réinterprétation de l’idéal égalitaire, qui fait abstraction des singularités et produit de nouvelles formes d’exclusions. Ce projet favorise un capitalisme de la surveillance et son armée de travailleurs flexibles. À lire aussi dans ce numéro : perspectives, faux-semblants et idées reçues sur l’Europe, le génocide interminable des Tutsi du Rwanda et un entretien avec Joël Pommerat.